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Iran : Pezeshkian qualifie la mort de Khamenei de "déclaration de guerre"

Le président iranien Massoud Pezeshkian a qualifié l'assassinat du Guide suprême Ali Khamenei de « déclaration de guerre contre les musulmans », promettant que venger sa mort constitue un « droit et un devoir légitime » pour la République islamique. Cette déclaration incendiaire intervient alors que l'Iran décrète 40 jours de deuil national après la frappe israélo-américaine qui a coûté la vie au dirigeant de 86 ans.

Dans un communiqué diffusé dimanche sur les médias d'État iraniens, le président Pezeshkian n'a pas mâché ses mots. « Le Guide suprême Ali Khamenei a été assassiné par les mains des criminels les plus vils du monde », a-t-il déclaré. « La République islamique d'Iran considère les représailles et la vengeance contre les auteurs et commanditaires de ce crime historique comme son devoir et son droit légitime. »

L'ayatollah Ali Khamenei a été tué dans la nuit du 28 février lors d'une opération militaire conjointe menée par Israël et les États-Unis contre l'Iran. La télévision d'État iranienne a confirmé son décès tôt dimanche matin, après que le président américain Donald Trump eut annoncé l'assassinat du clerc chiite qui dirigeait le pays d'une main de fer depuis 1989.

Un triumvirat pour assurer la transition

Conformément à la Constitution iranienne, un conseil de direction provisoire a été mis en place pour assurer la continuité du pouvoir. Ce triumvirat est composé du président Massoud Pezeshkian, du chef du pouvoir judiciaire Gholam-Hossein Mohseni-Ejeï, et de l'ayatollah Alireza Arafi, membre du Conseil des gardiens de la Constitution. L'Assemblée des experts, forte de 88 membres, sera chargée d'élire un nouveau Guide suprême.

Les frappes n'ont pas seulement emporté Khamenei. Plusieurs hauts responsables militaires iraniens ont également péri, dont le chef d'état-major des forces armées Abdolrahim Moussavi, le ministre de la Défense Mohammad Pakpour, et le chef des Gardiens de la Révolution Ali Shamkhani. Des membres de la famille du Guide suprême, incluant sa fille, son gendre et son petit-fils, figurent également parmi les victimes.

Les Gardiens de la Révolution ont promis une punition « sévère et décisive » pour les « meurtriers » de Khamenei. L'attaque massive lancée par Israël et les États-Unis représente l'un des coups les plus significatifs portés au régime iranien depuis la révolution islamique de 1979.

Des réactions contrastées au sein de la population

En Iran, les réactions populaires à la mort de Khamenei sont apparues profondément divisées. Alors que des milliers de personnes se sont rassemblées pour pleurer le Guide suprême, d'autres Iraniens ont célébré sa disparition dans les rues de Téhéran. Des cris de joie et des applaudissements ont résonné dans plusieurs quartiers de la capitale peu après 23 heures, tandis que des vidéos de célébrations similaires à Ispahan, Chiraz, Kermanshah et Sanandaj circulaient sur les réseaux sociaux.

Le gouvernement a décrété sept jours de congé public et 40 jours de deuil national, conformément à la tradition chiite réservée aux martyrs. Pezeshkian a rendu hommage à celui qu'il a qualifié de plus long dirigeant au pouvoir au Moyen-Orient, saluant ses 37 années à la tête de la République islamique.

Du côté occidental, les réactions sont tout aussi contrastées. La porte-parole du gouvernement français Maud Bregeon a déclaré qu'« on ne peut que se satisfaire » de la mort de Khamenei, tandis que Donald Trump a menacé l'Iran de représailles « sans précédent » en cas de riposte. La région retient son souffle, alors que l'Iran a déjà lancé des bombardements contre Israël et les pays du Golfe, promettant une réponse d'une ampleur inédite à cet acte qu'il considère comme une agression contre l'ensemble du monde musulman.

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