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Une députée RN licencie son assistant après des milliers de posts néonazis

La députée du Rassemblement national Lisette Pollet a été contrainte de licencier son assistant parlementaire Vincent Claudin, mardi 25 février 2026, après que Mediapart a exhumé plus de 4 400 publications néonazies, antisémites et homophobes postées sous pseudonymes depuis 2021.

L'affaire éclate comme un coup de tonnerre dans les rangs du RN. Vincent Claudin, jeune collaborateur de 25 ans travaillant depuis avril 2025 aux côtés de l'élue de la Drôme, menait une double vie numérique. Sous les pseudonymes @PrimeDeRiviere puis @JosephAntoine_ — références directes à José Antonio Primo de Rivera, fondateur du parti fasciste espagnol La Phalange —, il déversait sa haine sur le réseau social X.

« Une fille m'a dit que je ressemblais à Hitler, je l'ai remerciée », écrivait-il dans l'une de ses publications. Dans une autre, il affirmait que « se métisser avec des races de singes donne l'humanité actuelle ». Le jeune homme y affichait ouvertement son admiration pour le Troisième Reich et son espoir de voir un régime « fasciste et eugéniste » s'installer en France.

Un militant issu de Lyon Populaire

Vincent Claudin n'était pas un simple provocateur isolé. Ancien membre du groupuscule violent Lyon Populaire, dissous en juin 2025 pour « exaltation de la collaboration avec l'Allemagne nazie », il encensait régulièrement Joseph Goebbels, le nazi belge Léon Degrelle — engagé volontaire dans la Waffen-SS —, ou encore l'écrivain négationniste Hervé Ryssen. Une publication appelait même à « brûler Élisabeth Bornstein », ciblant l'ancienne Première ministre Élisabeth Borne dont le père a survécu aux camps de concentration.

Face aux révélations, la députée Lisette Pollet a publié un communiqué sur X annonçant la rupture : « Cette séparation fait suite à la publication de plusieurs messages dont le contenu est en contradiction avec les valeurs, les principes et la ligne de conduite que je défends. » Elle assure avoir vérifié scrupuleusement son profil avant l'embauche. « Je googlise le nom, je regarde s'il a un compte sur les réseaux sociaux, et je leur pose la question. Il m'a menti », se défend-elle.

L'ombre de l'affaire Quentin Deranque

L'affaire prend une dimension particulière dans le contexte de la mort de Quentin Deranque, militant d'ultradroite tué le 12 février lors d'affrontements avec des antifascistes à Lyon. Vincent Claudin, présenté comme l'un de ses meilleurs amis, avait participé à la marche d'hommage du 21 février, lors de laquelle des saluts nazis et insultes racistes avaient été observés. Il s'exprimait alors dans plusieurs médias en tant que proche de la victime.

Interrogé sur RTL, le député RN Jean-Philippe Tanguy a qualifié ces publications d'« impardonnables ». Vincent Claudin, lui, tente de minimiser. Il évoque des « publications d'un compte anonyme privé, sur le registre de l'ultra-provocation outrancière » et un « humour noir sorti de son contexte ». Une défense qui peine à convaincre au regard des 4 400 messages accumulés sur cinq années.

Cette affaire relance le débat sur la porosité entre le RN et les mouvances néofascistes, alors même que le parti de Marine Le Pen s'efforce depuis des années de lisser son image. Elle intervient en plein procès des assistants parlementaires du parti, où d'autres collaborateurs sont soupçonnés d'avoir occupé des postes fictifs.

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