Jmail : la plateforme qui révèle les correspondances de Jeffrey Epstein
Deux informaticiens américains ont créé Jmail, une plateforme qui clone la boîte mail de Jeffrey Epstein pour révéler de manière familière et accessible les échanges du criminel sexuel avec de nombreuses personnalités. Un outil d'utilité publique qui met en lumière les vraies correspondances de l'homme d'affaires déchu.
"J" comme "Jeffrey" et "mail" pour faire un jeu de mot avec la messagerie bien connue de Google, Gmail. L'objectif de ce site innovant : rendre accessible les milliers de mails reçus et envoyés par l'homme d'affaires et criminel sexuel américain. Des documents viennent d'être rendus publics, mais il n'est pas simple de se repérer dans cette montagne de données déclassifiées.
Deux informaticiens stars américains, mi-hackeurs, mi-farceurs, sont à l'origine de cette plateforme d'utilité publique. L'interface reproduit une fausse boîte mail d'Epstein où l'on découvre ses différents interlocuteurs. Les vraies correspondances ont été reproduites dans une interface mail familière pour nombre d'entre nous, facilitant considérablement la navigation.

Des personnalités de premier plan dans les correspondances
Des dossiers recensent tous les échanges avec des personnalités majeures :
- Ghislaine Maxwell, condamnée à 20 ans de prison pour avoir recruté des filles mineures pendant une décennie pour Epstein
- Steve Bannon, le stratège de l'alt-right américaine
- Larry Summers, ancien secrétaire au Trésor de Bill Clinton, qui a annoncé se retirer de la vie publique après la publication des documents
Le retrait de Larry Summers a d'ailleurs soulagé OpenAI, dont il siégeait au conseil d'administration. La start-up de Sam Altman n'avait pas besoin d'un scandale supplémentaire pour maintenir la pression autour de la bulle de l'intelligence artificielle.
Noam Chomsky mêlé à l'affaire à 96 ans
Les fondateurs de cette plateforme ont imaginé une dimension collaborative : le public peut notifier les messages qui leur semblent les plus pertinents en ajoutant une étoile, comme sur une boîte mail classique. On voit ainsi ce qui suscite le plus l'attention ou la surprise des utilisateurs.
Hier soir, ce sont les échanges avec l'intellectuel et linguiste Noam Chomsky qui sont sortis du lot. L'auteur de "La Fabrication du consentement" et critique des médias se retrouve, à 96 ans, mêlé à l'affaire. Il a eu des contacts réguliers avec Epstein, et bien après sa condamnation en 2008 pour incitation à la prostitution d'une mineure. Il ne pouvait donc pas ne pas savoir quel genre de personnage il fréquentait.
Selon The Guardian, un mail de 2015 montre Epstein proposant à Chomsky d'utiliser ses résidences aux États-Unis. Le quotidien britannique rappelle que celui-ci avait reçu environ 270 000 dollars d'un compte bancaire d'Epstein. Un grand faisceau de suspicion entoure désormais cette figure emblématique de la gauche radicale américaine.
Pour rappel, le ministère américain de la Justice a rendu public plus de trois millions de pages documentaires, 180 000 images et 2 000 vidéos relatifs à l'affaire Jeffrey Epstein depuis le 30 janvier 2026. Cette déclassification fait suite à l'adoption du "Epstein Files Transparency Act" par le Congrès. Les archives sont accessibles via le portail officiel du DOJ.
Source : France Culture - Un monde connecté