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L'Iran menace les pays européens de représailles en cas d'intervention militaire

Au quatrième jour du conflit opposant l'Iran aux États-Unis et à Israël, Téhéran hausse le ton face à l'Europe. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, Esmaïl Baghaï, a mis en garde les pays européens contre toute implication militaire, brandissant la menace de représailles ciblées sur leur territoire.

Lors d'une conférence de presse tenue ce mardi 3 mars à Téhéran, Esmaïl Baghaï n'a pas mâché ses mots. « Ce serait un acte de guerre. Tout acte de ce type contre l'Iran serait considéré comme un geste de complicité avec les agresseurs », a-t-il déclaré avec fermeté. Le diplomate iranien a également averti que « le processus qui a commencé engloutira bientôt l'Europe. Le feu allumé par les États-Unis et le régime sioniste engloutira le monde entier ».

Cette déclaration intervient alors que les dirigeants allemands, français et britanniques ont affiché dimanche leur disposition à mener des « actions défensives nécessaires et proportionnées » face aux ripostes iraniennes. Le groupe E3 a évoqué la possibilité de détruire à la source les capacités militaires de Téhéran, notamment ses rampes de lancement de missiles et de drones.

L'attaque de la base britannique à Chypre change la donne

Le contexte s'est considérablement durci lundi avec l'attaque d'un drone iranien contre la base de la Royal Air Force britannique à Akrotiri, à Chypre. Cet incident constitue la première frappe directe sur le sol d'un État membre de l'Union européenne depuis le début du conflit. Selon les autorités, les drones auraient été lancés depuis le Liban, probablement par le Hezbollah.

Face à cette escalade, les pays européens renforcent leur dispositif défensif. Le Royaume-Uni envisage le déploiement d'un navire de guerre pour renforcer la protection de sa base chypriote. La Grèce et la France ont dépêché des frégates navales, tandis qu'Athènes a également mobilisé des chasseurs F-16. Une coordination défensive s'organise entre Chypre, la Grèce, la France et l'Allemagne.

Benjamin Haddad, ministre français chargé de l'Europe, a réaffirmé la position de Paris : « La France fera toujours tout ce qu'il faut pour se défendre », ajoutant que le pays « est prêt à contribuer à des opérations défensives » aux côtés de ses alliés du Golfe. Emmanuel Macron doit s'adresser aux Français ce soir à 20h pour évoquer la situation.

L'OTAN reste prudente mais vigilante

Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, a précisé que l'Alliance atlantique « n'est pas elle-même impliquée » dans les conflits au Moyen-Orient. Toutefois, il a assuré que l'organisation défendrait « chaque centimètre du territoire de l'OTAN » si nécessaire, qualifiant l'Iran de « menace existentielle » pour Israël et de « menace majeure » pour l'Europe.

Depuis le lancement de l'opération conjointe américano-israélienne le 28 février, baptisée « Operation Roaring Lion » côté israélien et « Operation Epic Fury » côté américain, les frappes ont fait au moins 787 morts en Iran selon le Croissant-Rouge iranien. En représailles, l'Iran a frappé l'ambassade américaine à Riyad avec un drone et continue de cibler des objectifs dans la région.

Le conflit a également des répercussions économiques mondiales majeures. Les cours du pétrole ont bondi de 13% tandis que le gaz a flambé jusqu'à 50%. Près d'un quart du pétrole et du gaz consommés dans le monde transitent par le détroit d'Ormuz, actuellement paralysé par les hostilités. Une situation qui fait craindre une crise énergétique mondiale si le conflit venait à s'étendre davantage.

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