Seif al-Islam Kadhafi tué dans une embuscade en Libye : ce que l'on sait
Seif al-Islam Kadhafi, fils de l'ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, aurait été tué ce lundi 3 février 2026 lors d'affrontements armés dans la région de Zintan, dans l'ouest de la Libye. Son conseiller politique a confirmé sa mort sur les réseaux sociaux, tandis que les circonstances exactes de l'événement restent encore floues.
C'est une nouvelle qui secoue la scène politique libyenne. Selon plusieurs médias locaux, Seif al-Islam Kadhafi, 53 ans, a trouvé la mort dans des circonstances violentes près du champ pétrolier d'Al-Hamada, au sud de la ville de Zintan. L'information a été confirmée par Abdullah Othman, son représentant dans le dialogue politique libyen, qui a publié sur Facebook : « Nous appartenons à Dieu et c'est à lui que nous retournons... Seif al-Islam Kadhafi est auprès de Dieu. »
Les premiers éléments indiquent qu'un groupe de quatre individus armés aurait attaqué sa résidence. « Les assaillants ont ouvert le feu sur Seif al-Islam dans le jardin de sa maison avant de prendre la fuite », rapporte un témoin cité par le site Al-Ain News. Les affrontements auraient débuté aux alentours de midi et se seraient prolongés plusieurs heures.
Le Bataillon 444 dément toute implication
Le Bataillon 444, une puissante milice affiliée au gouvernement de Tripoli, a rapidement publié un communiqué niant catégoriquement son implication dans l'assassinat. « Nous n'avons aucune présence militaire à Zintan et n'avons reçu aucun ordre de poursuite à son encontre », a déclaré la formation armée. Cette dénégation n'a pas empêché les spéculations sur l'identité des commanditaires.
Certains médias proches de l'ancien régime libyen contestent même la mort de Seif al-Islam, affirmant qu'il aurait survécu à une tentative d'assassinat. À l'heure actuelle, aucune preuve photographique ou vidéo n'a été diffusée pour confirmer ou infirmer ces informations contradictoires.
Un destin politique contrarié
Seif al-Islam Kadhafi avait fait son retour sur la scène politique en novembre 2021, lorsqu'il s'était présenté comme candidat à l'élection présidentielle libyenne, finalement reportée. Recherché par la Cour pénale internationale pour crimes contre l'humanité depuis 2011, il vivait dans une semi-clandestinité dans le sud libyen depuis sa libération par les milices de Zintan en 2017.
L'homme politique, considéré comme l'héritier politique de son père, bénéficiait du soutien d'une partie des tribus du sud et de l'ouest de la Libye. Son ambition de revenir au pouvoir inquiétait aussi bien les autorités de Tripoli que celles de l'est du pays dirigées par le maréchal Khalifa Haftar. La situation chaotique en Libye depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011 a plongé le pays dans une instabilité chronique, propice aux règlements de comptes politiques.
Depuis plusieurs années, des menaces pesaient sur sa vie. En 2018, le journal Asharq Al-Awsat révélait que des parties internationales incitaient des extrémistes liés à Al-Qaïda à l'assassiner. En 2020, les services de renseignement turcs auraient également tenté de le localiser dans les montagnes de l'ouest libyen, soit pour l'éliminer, soit pour le livrer à la CPI.
La mort de Seif al-Islam Kadhafi, si elle se confirmait définitivement, marquerait la fin d'une époque et pourrait redistribuer les cartes du jeu politique dans un pays toujours à la recherche d'une stabilité introuvable depuis plus de quatorze ans.