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Ikea ferme sept magasins en Chine, victime de la crise immobilière

Le géant suédois de l'ameublement Ikea a annoncé la fermeture de sept de ses magasins en Chine à compter du 2 février 2026. Cette décision stratégique, qui touche des enseignes emblématiques comme celle de Shanghai Baoshan, autrefois le plus grand magasin Ikea d'Asie, est la conséquence directe de la crise immobilière prolongée qui frappe l'économie chinoise.

Sur les 41 magasins que comptait l'enseigne en Chine continentale, sept vont donc définitivement baisser le rideau. Les fermetures concernent Ikea Shanghai Baoshan, Ikea Guangzhou Panyu, Ikea Tianjin Zhongbei, ainsi que les magasins de Nantong, Xuzhou, Ningbo et Harbin. Un client chinois interrogé par France Info résume la situation : « Tout cela est lié à la situation actuelle du marché immobilier. Moins de personnes achètent des logements, ce qui réduit en conséquence la demande en matière d'achat de meubles. »

La crise immobilière chinoise, qui a vu les prix des logements chuter de près de 10 % en 2025, pèse lourdement sur la demande de mobilier. Les ventes de logements neufs devraient encore reculer de 15 % cette année. Pour un vendeur de meubles comme Ikea, l'équation est simple : moins d'achats immobiliers signifie moins de clients potentiels à équiper.

Un modèle économique remis en question

Au-delà de la conjoncture immobilière, Ikea fait face à une concurrence féroce des plateformes de commerce en ligne chinoises. Ces acteurs locaux proposent des produits similaires à des prix inférieurs, avec une livraison rapide devenue la norme sur le marché chinois. Une cliente témoigne : « Des produits similaires coûtent moins cher en ligne. Un panier en bambou coûte 12 euros chez Ikea, contre trois pour le même prix sur Internet. »

Le déclin démographique chinois constitue un autre facteur aggravant. La baisse des mariages et de la natalité réduit mécaniquement le nombre de jeunes ménages susceptibles d'acheter leur premier logement et de l'équiper. Une étudiante interrogée résume cette nouvelle réalité : « Pourquoi acheter une maison si l'on n'a pas de projet de mariage ou d'enfants ? »

Pour les employés des magasins concernés, l'avenir s'annonce incertain. Les opportunités de reclassement interne semblent limitées, comme le confirme un salarié : « Il n'y a pas de postes disponibles dans les autres magasins Ikea. »

Une nouvelle stratégie centrée sur le digital

Cette restructuration ne signifie pas pour autant un retrait d'Ikea du marché chinois. L'enseigne suédoise mise désormais sur une approche de « croissance ciblée », avec Pékin et Shenzhen comme marchés prioritaires. Plus d'une dizaine de petits magasins urbains devraient ouvrir dans ces deux métropoles au cours des deux prochaines années, dont Ikea Dongguan en février 2026 et Ikea Tongzhou en avril.

Le groupe investit également 160 millions de yuans pour renforcer sa compétitivité tarifaire et développe ses canaux numériques. Un partenariat avec JD.com permet désormais d'offrir des services de livraison rapide dans sept grandes villes chinoises. Cette stratégie semble porter ses fruits : malgré les fermetures physiques, le nombre de visiteurs omnicanaux a progressé de 4,7 % pour atteindre 477 millions sur le dernier exercice fiscal.

La Chine, deuxième économie mondiale, ne représente pourtant que 3,5 % des ventes mondiales d'Ikea. Mais le potentiel du marché reste considérable, à condition de s'adapter aux nouvelles habitudes de consommation locales. Cette vague de fermetures rappelle celle d'Amazon, qui a récemment annoncé la fermeture de ses 70 derniers magasins alimentaires Amazon Fresh aux États-Unis.

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