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Arrêts maladie : le gouvernement annonce des mesures contre les absences courtes et répétitives

Face à l'explosion des dépenses liées aux arrêts de travail, qui atteignent désormais près de 20 milliards d'euros par an, le gouvernement français prépare un arsenal de mesures ciblant spécifiquement les arrêts maladie « courts et répétitifs ». La ministre de la Santé Stéphanie Rist a annoncé que des dispositions concrètes seraient présentées d'ici la mi-avril 2026.

La tendance est préoccupante pour les comptes de la Sécurité sociale. Selon les derniers chiffres officiels, les indemnités journalières versées aux salariés en arrêt maladie sont passées de 12,4 milliards d'euros en 2019 à près de 18 milliards en 2025. Une progression de près d'un milliard d'euros supplémentaires chaque année, que l'exécutif entend désormais enrayer.

Dans le viseur du gouvernement : les arrêts de « deux à trois jours », considérés comme trop nombreux et parfois abusifs. « Ces arrêts courts et répétitifs représentent un coût considérable », a souligné Stéphanie Rist lors de sa dernière intervention publique. L'étude Datascope 2026 d'Axa confirme cette analyse : le taux d'absentéisme au travail a grimpé de 5 % en un an pour atteindre 4,8 % en 2025, soit une hausse de 50 % depuis 2019.

Un plafonnement des durées d'arrêt dès septembre

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 prévoit déjà un encadrement strict de la durée des prescriptions. À compter du 1er septembre 2026, un arrêt de travail ne pourra plus excéder un mois pour une première prescription et deux mois pour un renouvellement. Les médecins conserveront la possibilité de déroger à ces plafonds, mais devront justifier leur décision.

Le gouvernement s'attaque également au « nomadisme médical », cette pratique consistant à consulter plusieurs médecins successivement pour obtenir des arrêts en cascade. Les parcours de soins feront l'objet de contrôles renforcés afin de vérifier la cohérence entre la pathologie déclarée et la durée de l'arrêt prescrit. En 2025, l'Assurance maladie a détecté 723 millions d'euros de fraudes, dont 49 millions directement liés aux arrêts de travail.

La lutte contre les sites frauduleux

Autre front de bataille : les plateformes en ligne proposant des ordonnances d'arrêts de travail sans consultation médicale préalable. « Il nous faut environ six mois pour fermer ces sites, alors qu'ils peuvent réapparaître en 24 heures sous forme de sites miroirs », a déploré la ministre, illustrant la difficulté de cette lutte.

Du côté des syndicats, l'inquiétude monte. Plusieurs organisations craignent que cette pression sur les arrêts courts n'encourage des retours au travail prématurés, au détriment de la santé des salariés. Le phénomène touche particulièrement les jeunes : selon l'étude d'Axa, plus d'un arrêt long sur deux chez les moins de 30 ans est désormais lié à un trouble psychologique, une première historique.

Les mesures détaillées seront présentées mi-avril, avec une entrée en vigueur progressive à partir de septembre 2026. Le gouvernement espère ainsi réduire significativement le déficit de la branche maladie, tout en préservant le principe d'indemnisation des salariés réellement souffrants.

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