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Robert Ménard, tout ça, c'est pour quoi ?

Enflammé sur la question du pourcentage des élèves de confession musulmane dans les écoles de Béziers, Robert Ménard a expliqué devant les caméras de France 2 qu'il tenait ses statistiques d'un fichage en sa possession de maire, tout en reconnaissant que c'était interdit par loi... Décryptage de ce nouveau phénomène déclenché avec et par le bouillonnant maire extrême droite de l'Hérault.

Rien de nouveau sous le soleil avec Robert Ménard, il se joue toujours de l'emballement médiatique à chaque occasion qui lui ai présentée ! Comme le montre encore son passage hier dans l'émission télévisuelle de Mots Croisés consacrée aux turpitudes de la guerre père-fille que se mènent de front, sous les feux des projecteurs, Marine et Jean-Marie Le Pen à coups de « salope » et donc de « salaud ». Et avec finalement et, bien malheureusement comme seule grande perspective, la question éternellement en mouvement de l'empire de la représentation politique de l'extrême droite française, sur fond d'offres plus ou moins imaginées et de demandes tout autant fantasmées.

Après un finalement très indigeste « débat » sur « le pourcentage d'enfants de confession musulmane dans les écoles à Béziers » mis en parallèle avec les « chiffres de l'immigration » livrés par Clémentine Autain, ce matin de bonne heure, les propos explosifs balancés à la face des téléspectateurs de France 2 ont nécessairement retentis sur la Toile. Notamment au travers de ces propos lâchés (micro-interventions journalistiques escomptées) par Robert Ménard, l'homme qui crachait à la tête des journalistes de Médiaterranée et d'ailleurs, osant le comparer en interview à un militant d’extrême-droite, quelques mois avant sa sortie du bois national populiste :

« Ah, mais écoutez, ces chiffres, moi, ce sont ceux de ma mairie ! » « Mais bien sûr, on les a », « pardon de vous dire que le maire, il a classe par classe, les noms des enfants ! » « Je sais que j'ai pas le droit de le faire », « pardon de vous dire que les prénoms disent les confessions, à part de nier l'évidence ! »

En résumé : ''Si vous vous appelez Mohamed [en France, Ndlr], c'est que vous êtes de confession musulmane''... Face à de telles inepties déjà ressassées, en l'espèce, dans les colonnes de Midi Libre en janvier dernier, les mots manquent... C'est pourquoi le Montpelliérain Boudjemaa Laliam a immédiatement lancé une pétition sur internet à l'intention du Rectorat afin que « la justice soit saisie » face à la volonté affichée de Robert Ménard de « ficher les enfants musulmans de sa ville de Béziers ».

C'est pourquoi le préfet de l'Hérault et le Recteur ont décidé de saisir la justice. C'est pourquoi le Procureur de la République a décidé d'ouvrir une enquête préliminaire pour fichage des enfants selon leur origine ethnique par le maire de Béziers. C'est pourquoi des perquisitions sont actuellement en cours à l'hôtel de Ville de Béziers où des contre-signaux de communication avaient pourtant, las, été envoyés pour tenter d'expliquer que ''non, finalement, on avait mal compris'' !

Communiqué de la mairie de Béziers juste avant l'ouverture de l'enquête

« La mairie de Béziers ne constitue pas et n'a jamais constitué de fichiers des enfants scolarisés dans les écoles publiques de la ville. Le voudrait-elle qu'elle n'en a d'ailleurs pas les moyens. Il ne peut donc exister aucun "fichage" des enfants, musulmans ou non."
 

Juste avant cette nouvelle saillie cathodique qui peut et doit nous faire nous souvenir du funèbre temps des rafles du Vel d'Hiv, en plus de toutes les pires monstruosités dans lesquelles l'humanité s'avère capable de sombrer, Robert Ménard qui ne revendique pas son appartenance au FN mais surfe sur la vague du Rassemblement Bleu Marine de la même belle trempe de l'extrême droite, a aussi prononcé cette phrase, sous les caméras de Mots Croisés, une sentence que l'on appréciera pour son ''ons'' synonyme de ''nous'' :

« Laissons-lui [à Jean-Marie Le Pen, Ndlr] le Front National et que Marine Le Pen crée un autre parti qui porte un autre nom ».
 

Robert Ménard, tout ça, c'est donc pour quoi ? Après cet énième épisode, la question ne se pose plus vraiment, mais interroge quant aux réponses de son traitement judiciaire et médiatique à venir... Cela n'empêche cependant pas le maire de Béziers, feu président de Reporters sans Frontière, de s'empresser à déclencher une conférence de presse sur les coups des 17h de ce triste 5 mai 2015, un point presse qui sera nécessairement suivi par tout le champ médiatique, politique et citoyen. A suivre, donc... Mais pour quoi ?

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