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"Nazi West n'a rien à faire à Marseille" : la ville se mobilise contre le concert de Kanye West

L'annonce d'un concert de Kanye West au stade Vélodrome de Marseille le 11 juin 2026 provoque un tollé politique sans précédent. Le maire Benoît Payan et l'ensemble des élus marseillais refusent d'accueillir l'artiste américain, accusé de tenir des propos ouvertement antisémites et pro-nazis. Une mobilisation unanime qui pose la question des limites de la liberté artistique face à l'apologie de la haine.

Kanye West, désormais connu sous le nom de Ye, avait annoncé fin février sa venue au stade Vélodrome dans le cadre d'une tournée européenne prévue pour l'été 2026. Cette date unique en France devait marquer son grand retour sur scène après plusieurs années de controverses. Mais la perspective de voir le rappeur américain se produire dans l'enceinte marseillaise a immédiatement suscité l'indignation.

"Je refuse que Marseille soit une vitrine pour ceux qui promeuvent la haine et le nazisme décomplexé", a déclaré Benoît Payan, maire de la cité phocéenne. "Kanye West n'est pas le bienvenu au Vélodrome", a-t-il martelé, rejoignant ainsi une position partagée par l'ensemble du spectre politique local. Fabienne Bendayan, présidente d'honneur du CRIF Marseille-Provence et colistière de Martine Vassal, a abondé dans ce sens : "Celui qui proclame ouvertement son admiration pour Hitler et revendique des idées nazies ne saurait fouler la scène d'une ville comme la nôtre".

Un passif lourd de déclarations antisémites

Les prises de position des élus marseillais s'appuient sur un historique troublant. En mai 2025, Kanye West a publié un morceau intitulé "Heil Hitler" le 8 mai, jour anniversaire de la capitulation nazie, provoquant une vague d'indignation internationale. Avant la suppression de son compte X (ex-Twitter) en février dernier, l'artiste avait multiplié les messages antisémites, affirmant notamment "J'aime Hitler", "Je suis un nazi" ou encore "Hitler était tellement cool".

Ces déclarations s'inscrivent dans une série de dérapages qui ont marqué les dernières années de sa carrière. En 2022, Kanye West avait déjà choqué en arborant le slogan "White Lives Matter" et en dînant chez Donald Trump aux côtés de Nick Fuentes, figure notoire de la suprématie blanche. Bien qu'il ait présenté des excuses à la communauté juive en décembre 2023 et invoqué ses troubles bipolaires pour expliquer ses propos, affirmant fin janvier "Je ne suis pas un nazi ni antisémite", la controverse demeure vive.

Entre liberté artistique et responsabilité collective

Face à cette levée de boucliers, l'agence organisatrice Mars360 a tenté d'apaiser les tensions. Elle reconnaît que "les propos tenus par l'artiste par le passé suscitent une émotion légitime", tout en soulignant que Kanye West a fait son mea culpa. L'agence affirme avoir inséré des clauses spécifiques dans le contrat pour garantir qu'aucun propos illégal ne sera tenu durant le concert.

Mais cette assurance ne convainc pas les élus marseillais, qui estiment que la simple présence de l'artiste constitue une provocation inacceptable. La question juridique reste toutefois complexe : selon la jurisprudence du Conseil d'État, l'interdiction d'un spectacle n'est possible que si des risques avérés de troubles à l'ordre public ou de propos constituant une infraction pénale sont établis. Une bataille qui s'annonce donc délicate, alors que les débats autour des événements culturels à Marseille ne sont pas nouveaux.

La mobilisation contre le concert de Kanye West intervient en pleine période électorale à Marseille, ajoutant une dimension politique à cette affaire. Au-delà des clivages partisans, c'est un message unanime que les élus marseillais souhaitent envoyer : la ville refuse d'être associée à des discours de haine, quelle que soit la notoriété de leur auteur. Reste à savoir si cette opposition politique parviendra à empêcher la tenue de l'événement prévu au Vélodrome le 11 juin prochain.

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