CAN 2025 : Walid Regragui pose sa démission après la finale perdue
Walid Regragui aurait posé sa démission de sélectionneur du Maroc, selon les informations révélées ce jeudi 6 février par Foot Mercato. Éprouvé par la pression immense d'une CAN organisée à domicile et par la défaite en finale face au Sénégal, le technicien franco-marocain ne souhaiterait plus poursuivre l'aventure avec les Lions de l'Atlas.
L'information a l'effet d'un coup de tonnerre dans le football marocain. Quelques jours après la finale houleuse de la Coupe d'Afrique des nations 2025, perdue face au Sénégal dans des circonstances rocambolesques, Walid Regragui a fait part à la Fédération royale marocaine de football (FRMF) de son souhait de quitter son poste. Selon les journalistes Santi Aouna, Hanif Ben Berkane et Chemssdine Belgacem, le technicien de 50 ans aurait confié à son entourage ne plus vouloir continuer, trouvant « l'environnement trop épuisant et la pression trop écrasante ».
La finale disputée le 19 janvier au Complexe sportif Mohammed V de Rabat restera dans les mémoires pour ses multiples rebondissements. Un but sénégalais refusé, un penalty controversé accordé au Maroc, le geste incompréhensible de Brahim Díaz tentant une Panenka repoussée par Édouard Mendy, puis la décision stupéfiante du sélectionneur sénégalais Pape Thiaw d'ordonner à ses joueurs de quitter la pelouse. Malgré le chaos ambiant, c'est bien le Sénégal qui a fini par l'emporter en prolongation grâce à un but de Pape Gueye, privant le Maroc d'un sacre continental attendu depuis 1976.
Un bilan pourtant historique
Le paradoxe est saisissant. Walid Regragui est, de loin, le sélectionneur le plus performant de l'histoire du football marocain. Demi-finaliste de la Coupe du monde 2022 au Qatar — une première pour une nation africaine —, finaliste de la CAN 2025, il a porté les Lions de l'Atlas à un niveau jamais atteint. Sa série de dix-huit victoires consécutives avant la finale témoignait d'une maîtrise tactique et d'une cohésion de groupe remarquables.
Mais la pression qui accompagne le poste de sélectionneur du Maroc, décuplée par l'organisation de la CAN à domicile, a manifestement eu raison de sa motivation. Déjà fortement critiqué après l'élimination précoce lors de la CAN 2023 en Côte d'Ivoire, Regragui savait que seul le trophée continental pouvait satisfaire un pays entier qui vivait cette compétition comme un événement national.
La FRMF face à un dilemme crucial
La Fédération royale marocaine de football n'a pour l'heure ni confirmé ni infirmé la démission de son sélectionneur. Deux scénarios se dessinent : accepter le départ de Regragui et lancer en urgence la recherche d'un successeur, ou refuser sa démission et tenter de le convaincre de rester. Le calendrier rend la situation particulièrement délicate. La Coupe du monde 2026, coorganisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique, débute dans moins de six mois. Perdre le sélectionneur qui a bâti cette équipe à quelques semaines du Mondial serait un coup dur considérable.
L'après-CAN a par ailleurs été marqué par les sanctions de la CAF. Le sélectionneur sénégalais Pape Thiaw a écopé de cinq matchs de suspension et d'une amende de 100 000 dollars pour « conduite antisportive ». Le capitaine marocain Achraf Hakimi et Ismael Saibari ont également été suspendus. Ces sanctions ne s'appliquent toutefois qu'aux compétitions africaines et non à la prochaine échéance mondiale.
Le football marocain vit un moment charnière. Alors que le pays se prépare à accueillir une partie de la Coupe du monde 2030 aux côtés de l'Espagne et du Portugal, la démission de l'homme qui a remis le Maroc sur la carte du football mondial laisse un vide immense. La réponse de la FRMF est désormais attendue avec impatience par tout un peuple.