Municipales à Nice : Gérard Holtz rejoint la liste Estrosi en "Monsieur JO 2030"
À cinq semaines des élections municipales des 15 et 22 mars 2026, Christian Estrosi frappe un grand coup médiatique. Le maire sortant de Nice a annoncé l'arrivée sur sa liste « Tous pour Nice » de Gérard Holtz, figure emblématique du journalisme sportif français. L'ancien présentateur de Stade 2 et du Tour de France sur France Télévisions se voit confier une mission de taille : devenir le « Monsieur JO 2030 » de la ville, chargé de piloter la préparation et la coordination des épreuves olympiques qui se tiendront à Nice.
L'annonce, révélée par Nice-Matin, ne relève pas du hasard. Gérard Holtz, 79 ans, est un Niçois d'adoption depuis sa retraite des antennes en 2016. Installé dans la capitale azuréenne aux côtés de son épouse Muriel Mayette-Holtz, directrice du Théâtre national de Nice, l'ancien journaliste n'a jamais caché sa passion pour les Jeux olympiques. En 2025, il avait d'ailleurs fait acte de candidature pour présider le comité d'organisation des JO d'hiver 2030, proposant même une coprésidence avec l'ancienne patineuse Nathalie Péchalat. C'est finalement Edgar Grospiron, champion olympique de ski de bosses, qui avait été désigné à ce poste en février 2025.
En l'intégrant à sa liste, Christian Estrosi envoie un signal fort. Les Jeux olympiques d'hiver de 2030, dont Nice accueillera une vingtaine d'épreuves de glace — hockey, patinage artistique, short track, curling —, sont au cœur de la campagne municipale. Le maire sortant défend un projet estimé à plusieurs centaines de millions d'euros, avec la construction d'une patinoire olympique et d'un village des athlètes dans la plaine du Var, qu'il promet de reconvertir en logements et services publics après les Jeux. « Les retombées économiques s'élèveront à 400 millions d'euros et 5 700 emplois », martèle le candidat Horizons.
Un profil médiatique au service d'une ambition olympique
Le choix de Gérard Holtz n'est pas anodin. Pendant 44 ans sur le service public, l'homme a couvert les plus grands événements sportifs de la planète : Tour de France, rallye Paris-Dakar, Jeux olympiques de Londres 2012 et de Sotchi 2014. Cinq fois lauréat du 7 d'Or du meilleur journaliste sportif, chevalier de la Légion d'honneur depuis 2014, il incarne une expertise et une notoriété que le camp Estrosi entend mettre au service de la préparation des Jeux d'hiver 2030.
Sa mission, s'il est élu, consistera à coordonner la stratégie municipale en matière olympique : relations avec le COJOP présidé par Edgar Grospiron, supervision des chantiers d'infrastructures sportives, promotion de la ville à l'international et mobilisation de la société civile niçoise autour de l'événement. Un rôle de « Monsieur JO » taillé sur mesure pour celui qui, de son propre aveu, reste « un fou de sport ».
Les JO 2030, ligne de fracture entre les candidats
Cette annonce intervient dans un contexte de vif débat autour des Jeux olympiques à Nice. Le principal rival d'Estrosi, Éric Ciotti, candidat de l'Union des Droites pour la République soutenu par le RN, ne s'oppose pas frontalement aux JO mais critique un projet « précipité et sans concertation ». Il propose d'utiliser des infrastructures existantes plutôt que de construire une patinoire évaluée à 200 millions d'euros. À gauche, Mireille Damiano, candidate du Nice Front Populaire soutenue par La France Insoumise, dénonce un projet « totalement écocide » et promet de supprimer les épreuves de glace de la ville si elle est élue.
En recrutant un ambassadeur médiatique de la stature de Gérard Holtz, Christian Estrosi cherche à incarner une vision positive et rassembleuse des municipales 2026. Le maire sortant, qui multiplie les annonces de colistiers issus de la société civile — un capitaine de gendarmerie à la retraite, un patron de l'hôtellerie, un médecin urgentiste du CHU —, inscrit cette candidature dans sa stratégie d'ouverture au-delà des cercles politiques traditionnels.
Pour Gérard Holtz, qui n'avait jamais franchi le pas de l'engagement politique, cette candidature marque un tournant. « Nice est devenue ma ville, les Jeux olympiques sont la passion de ma vie. Mettre l'un au service de l'autre était une évidence », aurait-il confié selon Nice-Matin. Reste à savoir si ce ralliement de prestige suffira à convaincre les électeurs niçois dans une campagne dominée par le duel fratricide entre Estrosi et Ciotti, qui ne laisse que peu d'espace aux autres candidats.