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Chaos aérien à Chypre : 36 vols annulés ce mercredi à Larnaca et Paphos

Les aéroports chypriotes de Larnaca et Paphos font face à une vague d'annulations de vols sans précédent. Ce mercredi 11 mars, 36 liaisons aériennes ont été supprimées alors que le conflit au Moyen-Orient continue de perturber l'espace aérien régional. Une situation qui fragilise l'économie touristique de l'île méditerranéenne.

L'aéroport de Larnaca, principal hub international de Chypre, concentre l'essentiel des perturbations avec 32 annulations sur les 36 enregistrées ce jour. Paphos, deuxième aéroport du pays, n'échappe pas à la crise avec quatre vols supprimés. Les liaisons vers Tel-Aviv, Beyrouth, Doha, Dubaï, Abou Dhabi et Amman sont les plus touchées.

Parmi les compagnies affectées figurent des acteurs majeurs du transport aérien méditerranéen. « British Airways a réduit sa desserte Larnaca-Londres Heathrow à un seul vol quotidien contre deux habituellement », précise Hermes Airports, l'opérateur des deux aéroports chypriotes. Wizz Air a suspendu ses liaisons vers Tel-Aviv et Abou Dhabi, tandis que Cyprus Airways a annulé ses connexions vers Beyrouth, Tel-Aviv et Dubaï.

Une crise qui s'inscrit dans la durée

Depuis le début du mois de mars, les perturbations s'accumulent. Le 10 mars, 44 vols avaient été annulés. Le 8 mars, 39 liaisons au départ ou à destination de Larnaca avaient été supprimées. Au total, ce sont plus de 200 vols qui ont été affectés en dix jours, fragilisant les connexions de l'île avec le Golfe et le Levant.

La suspension des liaisons aériennes vers Israël, Dubaï, Abou Dhabi et Amman a été prolongée jusqu'au 15 mars au minimum. Seule Middle East Airlines maintient ses rotations vers Beyrouth, faisant figure d'exception dans ce contexte de crise. Wizz Air, qui avait misé sur Larnaca comme hub méditerranéen, voit ses ambitions régionales temporairement compromises.

Les liaisons européennes restent relativement épargnées. Les vols vers le Royaume-Uni, l'Allemagne, la France ou la Grèce continuent d'opérer, bien que certaines compagnies comme easyJet aient temporairement suspendu leurs dessertes britanniques. Le groupe Lufthansa avait quant à lui interrompu ses liaisons vers Larnaca jusqu'au 6 mars.

Le contexte géopolitique pèse sur l'île

Les perturbations aériennes s'expliquent par l'escalade du conflit au Moyen-Orient. La guerre impliquant les États-Unis et Israël contre l'Iran a eu des répercussions directes sur Chypre. Le 1er mars, deux drones ont été interceptés alors qu'ils se dirigeaient vers la base britannique d'Akrotiri, située dans le sud de l'île.

Cet incident a conduit à l'évacuation temporaire de l'aéroport de Paphos et des environs de la base militaire. Il s'agit de la première attaque touchant un territoire de l'Union européenne depuis le début des hostilités. Emmanuel Macron s'est d'ailleurs rendu à Chypre le 9 mars pour rencontrer son homologue Nikos Christodoulides.

Le Quai d'Orsay recommande aux ressortissants français présents sur l'île de « rester vigilants dans leurs déplacements » et de consulter régulièrement les sites des aéroports de Larnaca et Paphos. Les zones touristiques de Paphos, Limassol, Ayia Napa et Protaras demeurent néanmoins sûres.

Pour les passagers dont les vols ont été annulés, les avocats spécialisés rappellent que les perturbations liées à un conflit armé constituent des « circonstances extraordinaires » au sens du règlement européen EU261. Les indemnisations ne sont donc pas garanties, mais les compagnies restent tenues de proposer un réacheminement ou un remboursement intégral.

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