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Malgré ses millions, le héros de Bondi Beach rouvre sa supérette à Sydney

Ahmed al-Ahmed, le commerçant australien d'origine syrienne devenu un héros mondial après avoir désarmé un terroriste lors de l'attentat de Bondi Beach le 14 décembre 2025, a décidé de rouvrir sa boutique dans le quartier de Sutherland, à Sydney. Malgré les 2,5 millions de dollars australiens récoltés en sa faveur et une convalescence encore difficile, cet homme de 43 ans refuse de tourner le dos à sa vie d'avant.

La nouvelle a surpris jusqu'à son entourage. Alors qu'un ami avait annoncé pendant son hospitalisation que la boutique avait été vendue, Ahmed al-Ahmed a finalement choisi de garder son commerce, baptisé Cigara, qu'il exploite depuis 2021 dans une rue commerçante de Sutherland, en banlieue sud de Sydney. On y trouve des cadeaux, jouets, jeux de société, articles en cuir, téléphones portables et produits du tabac.

« Ce sera super de le revoir. C'est un type formidable et désormais un héros aussi, et sa présence nous a manqué », a confié une habituée du quartier au Daily Mail. Dans cette rue où les commerçants se saluent chaque matin et veillent les uns sur les autres, le retour d'Ahmed est vécu comme un soulagement.

Un acte de bravoure qui a marqué le monde entier

Le 14 décembre 2025, deux assaillants armés avaient ouvert le feu sur une foule rassemblée pour célébrer Hanoukka sur la plage de Bondi Beach. L'attaque, la plus meurtrière en Australie depuis 1996, avait fait quinze morts, dont une fillette de dix ans. Ce soir-là, Ahmed al-Ahmed, qui se trouvait par hasard à proximité avec un ami, s'était faufilé entre des voitures garées pour s'approcher de l'un des tireurs par derrière. Dans une scène filmée et devenue virale, il avait plaqué l'assaillant au sol, lui arrachant son fusil avant de le pointer vers lui, provoquant sa fuite.

Son geste héroïque lui avait valu d'être touché par deux balles tirées par le second assaillant, le blessant gravement au bras gauche et à la main. Hospitalisé, il avait subi plusieurs opérations chirurgicales. Le Premier ministre australien Anthony Albanese lui avait rendu visite à l'hôpital Saint George de Sydney, déclarant : « Ahmed al-Ahmed incarne ce que notre pays a de meilleur. Vous êtes un véritable héros australien. »

La vague de soutien avait été planétaire. Le président américain Donald Trump l'avait qualifié de « personne très, très courageuse », tandis que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou avait salué « un musulman courageux ». En janvier 2026, Ahmed avait été reçu au Capitole américain par le président de la Chambre des représentants, Mike Johnson. Il est également pressenti pour recevoir une distinction de bravoure de la part de la gouverneure générale d'Australie, Sam Mostyn.

Un choix qui force l'admiration

La cagnotte GoFundMe lancée en sa faveur par l'influenceur Zachery Dereniowski et le club automobile Car Hub Australia avait franchi le cap du million de dollars en moins de vingt-quatre heures. Au total, plus de 43 000 donateurs du monde entier avaient contribué, portant la somme à 2,5 millions de dollars australiens, soit environ 1,4 million d'euros. Le plus gros don, 99 999 dollars australiens, était venu du milliardaire américain Bill Ackman.

Lorsqu'on lui avait remis le chèque sur son lit d'hôpital, Ahmed avait simplement demandé : « Est-ce que je le mérite ? » Le jeune homme qui lui tendait le chèque avait répondu : « Chaque centime. » Pourtant, malgré cette fortune soudaine, la reconnaissance internationale et les invitations prestigieuses, le père de deux filles a choisi de reprendre sa vie d'avant.

Sa convalescence reste néanmoins semée d'embûches. Un récent examen des nerfs a confirmé des dommages au bras gauche avec une possible perte de sensibilité permanente. « Ce moment a été douloureux, mais il ne m'a pas brisé », a-t-il confié au Daily Mail. « Si j'ai eu cette force une fois, je la retrouverai. »

D'origine syrienne, né à Al-Nayrab dans la province d'Idlib, Ahmed al-Ahmed avait fui son pays en guerre pour s'installer en Australie en 2006, obtenant la citoyenneté en 2022. Son avocat en immigration, Sam Issa, avait expliqué que son geste héroïque était « sa manière d'exprimer sa gratitude envers l'Australie qui l'a accueilli ». Son message, répété inlassablement depuis l'attentat — « Ne les laissez pas nous diviser » — continue de résonner comme un appel à l'unité dans un pays encore meurtri par la tragédie.

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