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Le discours surprise de Melania Trump sur Epstein produit l'effet inverse

Dans une intervention rare et inattendue jeudi 9 avril 2026 depuis la Maison-Blanche, la Première dame américaine Melania Trump a tenté de mettre fin aux spéculations sur ses liens avec le financier déchu Jeffrey Epstein. Mais selon les analystes politiques, sa déclaration solennelle de six minutes a eu l'effet inverse : raviver une polémique qu'elle souhaitait éteindre.

"Je ne suis pas une victime d'Epstein. Epstein ne m'a pas présentée à Donald Trump", a déclaré Melania Trump depuis le Grand Foyer de la Maison-Blanche, le même lieu où son mari s'était adressé à la nation la semaine précédente au sujet de la guerre en Iran. "Les mensonges qui me lient au méprisable Jeffrey Epstein doivent cesser aujourd'hui", a-t-elle affirmé avec fermeté, sans toutefois préciser quelles accusations spécifiques elle contestait.

La Première dame, connue pour privilégier sa vie privée et ses rares apparitions publiques, a insisté sur le fait qu'elle n'avait jamais été amie avec Epstein, bien qu'elle et son mari, alors son petit ami, l'aient parfois croisé dans les cercles mondains de New York et de Floride au début des années 2000. "Je n'ai jamais eu connaissance des abus d'Epstein envers ses victimes. Je n'ai jamais été impliquée d'aucune manière", a-t-elle martelé.

Une intervention qui pose plus de questions qu'elle n'apporte de réponses

L'intervention de Melania Trump soulève de nombreuses interrogations. Selon des sources citées par ABC News, plusieurs responsables de la Maison-Blanche ont été pris au dépourvu par le sujet de son allocution, certains se demandant pourquoi elle commentait cette affaire maintenant, alors que l'administration fait face à de multiples crises, notamment la guerre en Iran.

L'explication la plus plausible, selon l'analyste politique de CNN Stephen Collinson, est que la Première dame tentait de faire disparaître le sujet. Mais son intervention aurait produit exactement l'effet contraire. En abordant publiquement la question, elle a remis sous les projecteurs une affaire qui n'occupait pas particulièrement l'actualité ces derniers jours.

La situation est d'autant plus délicate que le nom de Melania Trump est apparu dans la dernière série de documents publiés fin janvier concernant Epstein. Ces documents incluent notamment un échange de courriels apparemment anodin entre la Première dame et Ghislaine Maxwell, complice d'Epstein aujourd'hui emprisonnée. Dans ce message datant de 2002, Melania complimentait Maxwell sur son apparence dans une photo et signait "Love, Melania". Jeudi, la Première dame a qualifié cette correspondance de "triviale" et de simple "échange casual".

Un appel aux auditions du Congrès qui crée un piège politique

Dans un geste qui a surpris de nombreux observateurs, Melania Trump a également appelé le Congrès à organiser des audiences publiques centrées sur les survivantes des crimes d'Epstein. "Chaque femme devrait avoir l'occasion de raconter son histoire en public si elle le souhaite, et son témoignage devrait ensuite être enregistré de façon permanente dans les archives du Congrès", a-t-elle déclaré.

Cette proposition, qui pourrait sembler généreuse de prime abord, a été vertement critiquée par un groupe de survivantes d'Epstein. Dans un communiqué, elles ont accusé la Première dame de "déplacer le fardeau sur les survivantes dans des conditions politisées qui protègent ceux qui ont le pouvoir : le Département de la Justice, les forces de l'ordre, les procureurs et l'administration Trump, qui n'a toujours pas pleinement respecté la Loi sur la transparence des dossiers Epstein".

Pour les analystes, Melania Trump s'est créé un piège politique. En exprimant publiquement ses frustrations, elle a miné le message de la Maison-Blanche selon lequel il n'y aurait aucune raison de s'intéresser ou de s'inquiéter de l'affaire Epstein. De plus, en appelant à des audiences du Congrès, elle a rendu plus difficile pour les responsables du Département de la Justice et de la Maison-Blanche d'affirmer qu'il n'y a pas d'intérêt public à accorder plus d'attention aux retombées de l'affaire Epstein.

Les démocrates au Capitole pourraient maintenant saisir cette opportunité pour organiser les audiences que la Première dame a elle-même suggérées, ce qui pourrait prolonger indéfiniment une affaire que l'administration Trump souhaitait manifestement enterrer. Cette sortie médiatique, censée clore le chapitre Epstein, pourrait bien n'être que le début d'une nouvelle phase de cette saga politique explosive.

Le président Donald Trump a lui aussi nié tout acte répréhensible lié à Epstein et a affirmé avoir coupé les ponts avec lui au début des années 2000, avant que sa conduite criminelle ne soit révélée. Il n'existe aucune preuve d'acte répréhensible de la part de l'un ou l'autre des Trump. Cependant, le président a fait l'objet de pressions, comme beaucoup d'autres hommes de pouvoir, pour décrire ce qu'il savait des activités d'Epstein.

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