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Pedro Sánchez exige l'arrestation de Netanyahu après les frappes au Liban

Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a réclamé jeudi 9 avril 2026 l'arrestation immédiate de Benjamin Netanyahu, après que les frappes israéliennes sur le Liban ont tué plus de 250 personnes et blessé plus de 1 000 autres en une seule journée. Dans une déclaration fracassante relayée sur ses réseaux sociaux, le dirigeant socialiste a dénoncé « le mépris pour la vie et le droit international » du Premier ministre israélien, qu'il a qualifié d'« intolérable ». Cette prise de position place l'Espagne en première ligne de l'opposition européenne à la politique militaire israélienne et renforce l'appel à l'application du mandat d'arrêt émis par la Cour pénale internationale.

La déclaration de Pedro Sánchez intervient au lendemain d'une des attaques les plus meurtrières menées par Israël sur le territoire libanais depuis le début de l'offensive. Mercredi, les frappes ont touché plusieurs localités du sud et de l'est du pays, faisant plus de 250 morts en quelques heures et plus de 1 000 blessés selon les autorités sanitaires libanaises. L'opération, justifiée par Tel-Aviv comme une riposte aux activités du Hezbollah, est intervenue alors qu'un cessez-le-feu de deux semaines venait d'être négocié dans la région.

Sur son compte X, Pedro Sánchez a publié un message direct et sans concession : « Justement aujourd'hui, Netanyahu lance son attaque la plus dure contre le Liban depuis le début de l'offensive. Son mépris pour la vie et le droit international est intolérable. Il est temps de parler clairement : le Liban doit faire partie du cessez-le-feu ». Cette intervention publique du chef du gouvernement espagnol a immédiatement fait le tour des rédactions internationales et suscité de vives réactions dans toutes les capitales européennes concernées par le dossier.

Le ministre des Affaires étrangères José Manuel Albares a prolongé le discours du chef du gouvernement devant les députés espagnols, évoquant « le plus grand assaut contre la civilisation bâtie sur les idéaux humanistes de raison, de paix et de droit universel ». Albares a accusé Israël de violer le droit international et de rompre un cessez-le-feu agréé quelques jours plus tôt. Il a également annoncé la réouverture de l'ambassade d'Espagne à Téhéran, un geste diplomatique fort destiné à soutenir les solutions négociées dans une région en pleine déflagration.

Madrid appelle l'Union européenne à suspendre l'accord d'association avec Israël

Au-delà de la demande d'arrestation, Pedro Sánchez a renouvelé son appel pour que l'Union européenne suspende son accord d'association avec Israël. Ce mécanisme, en vigueur depuis 2000, régit les relations commerciales, politiques et de coopération entre l'UE et l'État hébreu. Sa suspension aurait des conséquences économiques et diplomatiques majeures. L'Espagne milite depuis plusieurs mois auprès de ses partenaires européens pour obtenir cette mesure, jusqu'ici bloquée par plusieurs États membres favorables au maintien des relations avec Tel-Aviv.

Pedro Sánchez, qui s'est imposé comme l'une des voix les plus critiques d'Europe sur le conflit au Proche-Orient, avait déjà pris plusieurs mesures symboliques fortes. L'Espagne avait officiellement reconnu l'État de Palestine en mai 2024, en coordination avec l'Irlande et la Norvège. Plus récemment, Madrid avait bloqué son espace aérien aux vols militaires américains liés à la guerre en Iran, un geste inédit au sein de l'OTAN qui avait provoqué la colère de l'administration Trump.

La déclaration espagnole s'inscrit dans un contexte juridique bien établi : le 21 novembre 2024, la Cour pénale internationale avait émis un mandat d'arrêt contre Benjamin Netanyahu et l'ancien ministre de la Défense Yoav Gallant pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis à Gaza. Les 125 États parties au Statut de Rome, dont l'Espagne, la France et l'ensemble des pays de l'Union européenne, sont théoriquement tenus d'arrêter Netanyahu s'il entre sur leur territoire. Pourtant, la circulation de l'avion de Netanyahu dans l'espace aérien européen reste encore possible, les États peinant à traduire leurs engagements en actes.

Réactions immédiates d'Israël et tensions avec Washington

La réaction israélienne ne s'est pas fait attendre. Le ministre des Affaires étrangères Gideon Sa'ar a qualifié la position espagnole de « honte éternelle » et a accusé Madrid de s'aligner avec ce qu'il a présenté comme « le régime de terreur iranien ». Cette réponse cinglante illustre la dégradation rapide des relations entre Jérusalem et Madrid, désormais au plus bas depuis plusieurs décennies. Aucun canal diplomatique de haut niveau ne semble en mesure de calmer les tensions à court terme.

La position espagnole complique également les relations avec Washington. Des figures proches du mouvement MAGA de Donald Trump ont appelé à des mesures punitives contre Madrid, accusée de saboter les efforts militaires américains dans la région. L'Espagne a pourtant maintenu sa ligne, affirmant ne pas vouloir « applaudir ceux qui mettent le monde en feu simplement parce qu'ils arrivent avec un seau », en référence directe à l'administration américaine.

Sur le plan judiciaire, d'autres plaintes contre le Premier ministre israélien se multiplient. En mars 2026, l'organisation espagnole Iustitia Europa avait déposé une plainte devant le procureur de la CPI, visant à la fois Donald Trump et Benjamin Netanyahu pour crimes de guerre. Cette nouvelle démarche espagnole au plus haut niveau gouvernemental pourrait accélérer la prise de conscience internationale et faire bouger les lignes dans d'autres capitales européennes, alors que le conflit au Proche-Orient entre dans une phase d'escalade inédite.

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