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Municipales à Paris : Rachida Dati, trahie par Attal, refuse de céder

Écartée par Gabriel Attal au profit de Pierre-Yves Bournazel pour les municipales parisiennes de mars 2026, Rachida Dati refuse de plier. L'ancienne ministre de la Culture, qui vient de claquer la porte du gouvernement, mène une campagne offensive et promet de conquérir l'Hôtel de Ville. « Rien ne m'arrêtera », martèle-t-elle, bravant les obstacles politiques et judiciaires.

La rupture est consommée. Le 28 octobre 2025, Gabriel Attal, patron de Renaissance, officialise son soutien à Pierre-Yves Bournazel pour la mairie de Paris, tournant le dos à celle qui avait pourtant rejoint la majorité présidentielle en acceptant le portefeuille de la Culture. Pour Rachida Dati, c'est une trahison. « Gabriel Attal a dit qu'il ne comprenait plus les décisions du Président de la République. Je suis d'accord avec lui sur une seule : celle de l'avoir nommé Premier ministre », a-t-elle lancé sur RTL, dans un tacle d'une rare violence.

Le choix d'Attal a pourtant une logique d'appareil. Pierre-Yves Bournazel, élu du centre-droit parisien et figure du mouvement Horizons d'Édouard Philippe, incarne à ses yeux le candidat du rassemblement. Le 10 février dernier, au Cirque d'Hiver, les deux anciens premiers ministres affichaient leur unité aux côtés de Bournazel. « Il suffit de nous voir, Édouard et moi, à tes côtés, ce soir ! Parce que tu rassembles ! », a lancé Attal devant les militants.

« Je m'en fous » : la colère froide de Dati

Rachida Dati n'entend rien céder. Sur RTL, elle a balayé les manœuvres d'un revers de main : « On me donne pour morte depuis 2002 en disant "c'est un gadget, elle est illégitime, elle est incompétente"... Je m'en fous. » La maire du VIIe arrondissement, investie par Les Républicains depuis août 2025, rappelle que cette élection sera la première où les Parisiens voteront directement pour leur maire. « Cette élection est à la main des Parisiens », insiste-t-elle, misant sur la démocratie directe plutôt que sur les accords d'appareil.

Début février, la candidate a franchi un nouveau cap en claquant la porte du gouvernement pour se consacrer entièrement à sa campagne. Un geste spectaculaire qui lui permet de se démarquer de la majorité présidentielle et de revendiquer pleinement son ancrage à droite.

Sa stratégie de campagne tranche avec les codes traditionnels. Quasi absente des médias classiques, elle refuse les débats télévisés et mise tout sur les réseaux sociaux. Ses vidéos de terrain accumulent les millions de vues : 1,2 million pour sa visite du tunnel des Halles, 2,5 millions en gilet jaune ramassant les déchets, 3,1 millions lors d'un échange avec des sans-abri. Une approche que ses adversaires qualifient de « mise en scène pure » et de « démagogie à l'état brut ».

Un programme de rupture face à des obstacles multiples

Le 10 février, Rachida Dati a dévoilé un programme ambitieux pour Paris, articulé autour de la sécurité, la propreté et le désendettement. Elle promet 5 000 agents de police municipale armés, le doublement des caméras de vidéosurveillance de 4 000 à 8 000, et une ville « propre 24h/24, 7j/7 ». Sur les finances, elle dénonce une dette municipale qui atteindrait « 12 milliards d'euros » à la fin de la mandature Hidalgo, et identifie un gisement d'économies potentiel de « 1 à 2 milliards ».

Mais la route vers l'Hôtel de Ville est semée d'embûches. Dans les sondages, Dati plafonne autour de 30 %, juste derrière le socialiste Emmanuel Grégoire, crédité de 32 %. L'éparpillement des voix à droite constitue son principal handicap : entre Bournazel, donné entre 14 et 16 %, et Sarah Knafo de Reconquête qui frôle les 10 %, la candidate LR peine à fédérer son camp. Un scénario inédit de cinq candidats au second tour n'est plus exclu.

En toile de fond, l'ombre du tribunal. Rachida Dati sera jugée du 16 au 28 septembre 2026 pour corruption et trafic d'influence, soupçonnée d'avoir indûment perçu 900 000 euros d'une filiale de l'alliance Renault-Nissan entre 2010 et 2012. Elle conteste l'ensemble des charges. Le calendrier judiciaire, fixé après les municipales de mars, lui laisse un répit, mais alimente les critiques de ses adversaires.

À un mois du premier tour, prévu le 15 mars, la bataille de Paris n'a jamais été aussi ouverte. Rachida Dati, fidèle à son tempérament combatif, veut croire que sa détermination fera la différence. « Je serai la prochaine maire de Paris. Rien ne m'arrêtera, rien ne m'empêchera. J'ai la force, l'énergie, les équipes et un projet », assure-t-elle. Reste à savoir si cette foi inébranlable suffira à surmonter la division de la droite et les manœuvres de ceux qu'elle considère désormais comme ses anciens alliés.

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