Vol RAM bloqué 14h : promesse d'hôtel non tenue, elle paie de sa poche
Une nouvelle mésaventure vient s'ajouter à la longue liste des dysfonctionnements reprochés à Royal Air Maroc. Une passagère, bloquée durant plus de 14 heures en raison d'un retard important de son vol, s'est vu promettre une prise en charge hôtelière par la compagnie aérienne. Mais face à l'absence de bon d'hébergement, elle a finalement dû régler la facture de sa propre poche, ravivant le débat sur le respect des droits des voyageurs aériens.
Selon le témoignage de la passagère concernée, le calvaire a commencé lorsque son vol a été retardé pour des raisons techniques. Après plusieurs heures d'attente à l'aéroport, le personnel au sol de Royal Air Maroc lui aurait assuré qu'un hébergement serait fourni en attendant le prochain départ disponible. Pourtant, aucun voucher d'hôtel ne lui a été remis. Épuisée et sans solution alternative, elle a dû réserver et payer une chambre d'hôtel par ses propres moyens, conservant soigneusement tous les justificatifs en vue d'une éventuelle réclamation.
Ce type d'incident n'est malheureusement pas isolé. Ces derniers mois, plusieurs passagers ont fait état de dysfonctionnements similaires de la part de la compagnie nationale marocaine. Retards massifs, surbooking, bagages perdus, refus d'embarquement : la grogne monte parmi les usagers. En février 2025, le tribunal d'Oujda a même condamné RAM pour avoir refusé l'embarquement à un père et sa fille en raison d'une surréservation, compromettant la participation de la jeune fille à un examen crucial. Un autre incident en décembre 2025 a vu des passagers du vol AT430 d'Agadir à Casablanca rater leur correspondance vers Bruxelles après qu'on leur ait assuré, à tort, que l'avion les attendrait.
Droits des passagers : ce que prévoit la réglementation
Selon le règlement européen CE 261/2004, les compagnies aériennes ont des obligations précises en cas de retard important. Lorsqu'un vol est retardé de plus de trois heures à l'arrivée, les passagers ont droit à une indemnisation pouvant atteindre 250 à 600 euros selon la distance du trajet. Pour un retard de 14 heures comme celui vécu par cette passagère, la compagnie doit obligatoirement fournir des repas, des rafraîchissements, des moyens de communication, et surtout un hébergement à l'hôtel ainsi que le transport entre l'aéroport et le lieu d'hébergement.
Toutefois, ce règlement européen ne s'applique qu'aux vols au départ de l'Union européenne. Pour les vols partant du Maroc vers l'Europe, les passagers ne peuvent malheureusement pas se prévaloir de cette protection, sauf dispositions spécifiques prévues par le droit marocain ou les conditions générales de vente de la compagnie. Cette différence de traitement soulève régulièrement des interrogations sur l'équité de la protection des voyageurs, notamment sur les liaisons entre la France et le Maghreb.
Dans le cas présent, si la passagère a dû payer elle-même son hébergement, elle dispose de plusieurs recours. Elle peut d'abord adresser une réclamation écrite à Royal Air Maroc en joignant tous les justificatifs de paiement (facture d'hôtel, reçus de transport, de repas). La compagnie a l'obligation de répondre dans un délai raisonnable. En cas de refus ou d'absence de réponse, la passagère peut saisir le médiateur du tourisme et du voyage, une étape devenue obligatoire depuis le 7 février 2026 avant toute action en justice. Ce mécanisme vise à faciliter la résolution amiable des litiges sans passer par les tribunaux, souvent coûteux et chronophages.
RAM sous pression : multiplication des incidents
Les témoignages se multiplient sur les réseaux sociaux et les forums spécialisés. Des passagers dénoncent des traitements inégalitaires : certains reçoivent un hébergement tandis que d'autres, parfois résidant à proximité de l'aéroport, sont laissés sans assistance. Dans un incident récent impliquant un vol vers Montréal retardé de plus de dix heures en raison d'une panne technique sur un Boeing 787-8, plusieurs passagers ont exprimé leur indignation face à cette gestion à deux vitesses.
Ces dysfonctionnements répétés nuisent à l'image de Royal Air Maroc et suscitent des interrogations sur l'organisation interne de la compagnie. Certains observateurs pointent du doigt un manque de formation du personnel au sol, une communication défaillante entre les équipes, ou encore une politique de réduction des coûts qui se ferait au détriment du respect des obligations légales envers les passagères. Face à cette accumulation de plaintes, des appels à une amélioration de la qualité de service et à un meilleur respect des droits des voyageurs se font de plus en plus pressants.
Pour les passagers confrontés à de telles situations, les experts conseillent de conserver absolument tous les justificatifs (billets, cartes d'embarquement, factures, échanges écrits avec la compagnie), de photographier les tableaux d'affichage des retards, et de noter les noms des agents rencontrés. Ces éléments seront essentiels pour appuyer une demande d'indemnisation. Les plateformes spécialisées dans le remboursement des vols perturbés peuvent également accompagner les passagers dans leurs démarches, moyennant une commission sur les sommes récupérées. En attendant, cette passagère, comme tant d'autres, espère obtenir le remboursement de ses frais et une reconnaissance du préjudice subi durant ces longues heures d'attente.