Sarah Knafo se retire de la course à Paris et fustige « la droite la plus bête du monde »
Sarah Knafo, candidate Reconquête à la mairie de Paris, a annoncé mardi 17 mars 2026 son retrait de la course municipale, quelques heures seulement avant la date limite de dépôt des listes pour le second tour. Cette décision intervient après le refus de Rachida Dati de former une alliance avec elle, poussant la jeune élue à fustiger « la droite la plus bête du monde » dans une sortie remarquée.
Créditée de 10,40 % des suffrages au premier tour, Sarah Knafo s'était qualifiée de justesse pour le second tour des élections municipales parisiennes. Face à elle, le socialiste Emmanuel Grégoire dominait largement avec 37,98 % des voix, tandis que Rachida Dati (LR) totalisait 25,46 %. Malgré cette configuration défavorable pour la droite, la candidate Les Républicains a préféré s'allier avec Pierre-Yves Bournazel (Horizons/Renaissance) plutôt qu'avec Reconquête.
« Je ne me désiste pas pour la personne de Rachida Dati, je me désiste pour Paris », a expliqué Sarah Knafo dans une déclaration solennelle. La députée européenne a justifié son choix en affirmant vouloir « chasser la gauche de la mairie » et donner à la droite toutes les chances de l'emporter. « Entre le mal et le moindre mal, je choisis le moindre mal », a-t-elle ajouté.
Une charge contre le refus d'union de la droite
Dans ses déclarations publiques, Sarah Knafo n'a pas mâché ses mots. Sur le réseau social X, elle avait lancé début mars : « STOP à la droite la plus bête du monde », appelant à l'union des forces de droite pour battre la gauche. Cette formule cinglante visait directement le camp de Rachida Dati, qui avait fermé la porte à toute négociation avec Reconquête.
Pour la candidate, cette union était une évidence politique : « Si nous voulons battre la gauche, nous devons nous unir. Je suis la seule à proposer cette union », avait-elle martelé. Son retrait, bien que douloureux, se veut une démonstration de responsabilité face à l'intransigeance de ses adversaires politiques. Elle affirme avoir décidé d'être « plus intelligente » que ses homologues de droite qui refusent tout rapprochement.
Un geste stratégique qui rebat les cartes
Ce désistement devrait mécaniquement profiter à Rachida Dati, qui récupérera une partie des électeurs de Sarah Knafo au second tour. Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains au Sénat, a salué « une décision sage et responsable » qui devrait permettre l'alternance souhaitée par les Parisiens. Pourtant, la candidate de Reconquête a pris soin de souligner qu'elle ne retirait pas sa candidature « pour Rachida Dati », mais bien « pour Paris ».
De son côté, Emmanuel Grégoire reste en position de force pour le second tour, d'autant que Sophia Chikirou (LFI), créditée de 11,72 % au premier tour, a annoncé maintenir sa candidature malgré les appels au désistement. Cette triangulaire à gauche pourrait toutefois diviser les voix progressistes et offrir une opportunité inespérée à la droite parisienne.
Sarah Knafo a profité de l'occasion pour évoquer ses ambitions futures, laissant entendre que cette campagne parisienne n'était qu'une étape dans son parcours politique. La jeune élue, figure montante de Reconquête, pourrait déjà lorgner vers des échéances nationales plus ambitieuses. En attendant, son retrait fracassant et sa charge contre « la droite la plus bête du monde » resteront comme un moment marquant de cette campagne municipale hors norme.