La France conserve sa place de deuxième exportateur mondial d'armement
La France confirme son statut de deuxième exportateur mondial d'armement pour la période 2020-2024, selon les derniers chiffres publiés par l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI). Avec 9,6% des exportations mondiales et un chiffre d'affaires de 21,6 milliards d'euros en 2024, l'industrie française de défense démontre sa capacité à rivaliser sur le marché international, loin devant la Russie et l'Allemagne.
Les données du SIPRI révèlent une progression remarquable des exportations françaises d'armement. Entre 2020 et 2024, la France a enregistré une hausse de 11% par rapport à la période 2015-2019, consolidant ainsi sa position sur l'échiquier mondial. Cette performance s'inscrit dans un contexte de reconfiguration du marché international de l'armement, marqué par le déclin des exportations russes et la montée en puissance de nouveaux acteurs. Les États-Unis demeurent largement en tête avec 42% des parts de marché mondial, mais l'écart avec Paris se maintient à un niveau stable.
Le rapport 2024 du ministère des Armées fait état de « 21,6 milliards d'euros de commandes » pour l'année écoulée, soit une progression spectaculaire de 163% par rapport à 2023. Cette deuxième meilleure performance historique, après le record de 27 milliards d'euros établi en 2022, témoigne de l'attractivité des systèmes d'armes français. La base industrielle et technologique de défense (BITD) française a su tirer parti d'un contexte géopolitique tendu et d'une demande accrue en matière de sécurité, notamment en Europe où les exportations ont triplé (+187%) par rapport à la période 2015-2019.
Le Rafale et les sous-marins français en tête des ventes
Les succès à l'exportation reposent largement sur quelques programmes phares de l'industrie de défense française. Le chasseur Rafale de Dassault Aviation constitue le fer de lance commercial, avec des contrats majeurs signés auprès de pays comme l'Inde, le Qatar, la Grèce et les Émirats arabes unis. Les sous-marins de Naval Group, les missiles MBDA et le canon Caesar de KNDS complètent ce portfolio gagnant. Ces équipements de haute technologie séduisent des clients à la recherche d'alternatives aux systèmes américains ou russes, tout en bénéficiant d'une réputation d'excellence opérationnelle éprouvée sur différents théâtres d'opérations.
La géographie des exportations françaises s'est considérablement diversifiée au cours des dernières années. L'Inde reste le premier client avec 28% des exportations françaises sur la période 2020-2024, suivie du Qatar (9,7%) et de la Grèce (8,3%). Au total, 65 États ont reçu des armements français durant cette période. Si l'Asie capte 23% des exportations et le Moyen-Orient 11%, c'est l'Europe qui enregistre la croissance la plus impressionnante. Face aux tensions géopolitiques et à la guerre en Ukraine, de nombreux pays européens ont massivement investi dans la modernisation de leurs forces armées, créant des opportunités inédites pour les industriels français.
Des perspectives encourageantes malgré une concurrence accrue
L'avenir s'annonce prometteur pour les exportations françaises d'armement. Le SIPRI souligne que la France dispose d'un « nombre relativement élevé d'exportations en attente d'avions de combat et de grands navires de guerre » par rapport à la plupart des autres fournisseurs. Ces carnets de commandes bien remplis laissent présager un maintien de cette dynamique sur les prochaines années. Les programmes en cours, notamment les futures commandes de Rafale et les projets de sous-marins, devraient permettre à l'industrie française de conserver son rang face à une concurrence de plus en plus intense.
Toutefois, le paysage concurrentiel évolue rapidement. L'Allemagne a dépassé la Chine pour s'emparer de la quatrième place mondiale avec 5,7% de parts de marché, témoignant d'un assouplissement de sa politique d'exportation dans un contexte de réarmement européen. La France devra continuer à innover et à proposer des systèmes d'armes de pointe pour maintenir son avantage compétitif. Les investissements massifs dans les technologies de nouvelle génération, l'intelligence artificielle appliquée à la défense et les systèmes de combat connectés seront déterminants. Avec un total de près de 40 milliards d'euros de commandes en incluant les contrats nationaux, l'écosystème français de la défense dispose des ressources nécessaires pour relever ces défis et renforcer la souveraineté militaire européenne.