« Hey Trump, you're fired ! » : quand l'Iran retourne la célèbre phrase contre le président américain
Ce lundi 23 mars 2026, les Gardiens de la Révolution iraniens ont publié une vidéo provocatrice adressée directement à Donald Trump. Le porte-parole du Khatam al-Anbiya, Ebrahim Zolfaghari, y lance au président américain son propre slogan emblématique : « Hey Trump, you're fired ! » Une pique symbolique qui intervient alors que l'ultimatum de 48 heures de Washington sur le détroit d'Ormuz arrive à échéance.
La scène a rapidement fait le tour des réseaux sociaux. Dans cette courte vidéo diffusée en anglais, Ebrahim Zolfaghari, porte-parole du quartier général central Khatam al-Anbiya des Gardiens de la Révolution, s'adresse directement à Donald Trump avec un sourire narquois : « Hey, Trump, you're fired ! You're familiar with this sentence. Thank you for your attention to this matter » (« Hé Trump, tu es viré ! Tu connais bien cette phrase. Merci de ton attention. »)
Cette formule n'est pas anodine. « You're fired » (« Vous êtes viré ») était la phrase culte utilisée par Donald Trump pour éliminer les candidats de son émission de téléréalité The Apprentice, diffusée sur NBC de 2004 à 2015. Le milliardaire avait même déposé cette expression comme marque en 2004. Elle est devenue un symbole de son personnage public, celui d'un patron intransigeant et sans pitié.
Une provocation en pleine escalade militaire
Ce message ironique intervient dans un contexte explosif. Dimanche 22 mars, Donald Trump a lancé un ultimatum de 48 heures à Téhéran, exigeant la réouverture complète du détroit d'Ormuz sous peine de frappes massives contre les infrastructures énergétiques iraniennes. « Si l'Iran n'ouvre pas totalement et sans menace le détroit d'Ormuz dans les 48 heures, les États-Unis frapperont et anéantiront leurs centrales électriques, en commençant par la plus grande », avait-il écrit sur Truth Social.
Les Gardiens de la Révolution ont répondu en menaçant de fermer totalement le détroit d'Ormuz si les États-Unis passaient à l'action. Ce passage stratégique, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial – soit 17 à 20 millions de barils par jour –, est au cœur des tensions depuis le début du conflit fin février 2026.
La guerre entre l'Iran d'un côté, les États-Unis et Israël de l'autre, a déjà fait plus de 1 500 morts selon le Croissant-Rouge iranien. Plus de 80 000 bâtiments civils auraient été endommagés, dont des hôpitaux, des écoles et des centres de secours. Le quartier général des Gardiens de la Révolution a été détruit lors des premières frappes du 1er mars, qui ont également coûté la vie au guide suprême Ali Khamenei.
Les médias iraniens affirment que Trump a « reculé »
La vidéo de Zolfaghari s'inscrit dans une stratégie de communication iranienne visant à présenter Trump comme affaibli. Les médias proches des Gardiens de la Révolution affirment que le président américain aurait « reculé par peur », après avoir annoncé un report de cinq jours de toute frappe sur les centrales électriques iraniennes.
Le ministère iranien des Affaires étrangères a par ailleurs démenti toute négociation avec Washington, affirmant que les informations relayées par Trump sur des pourparlers en cours étaient « de fausses informations utilisées pour manipuler les marchés financiers et pétroliers ». Le président du Parlement iranien a appuyé ces déclarations.
Cette guerre des mots et des symboles illustre la dimension médiatique du conflit. En retournant contre Trump sa propre phrase fétiche, l'Iran cherche à l'humilier sur la scène internationale et à galvaniser sa population. Une stratégie qui rappelle que dans les conflits modernes, les déclarations des généraux iraniens pèsent autant que les missiles.
Reste à savoir si l'ultimatum américain sera suivi d'effets. Alors que le délai de 48 heures touche à sa fin ce mardi 24 mars, le monde retient son souffle. Les menaces des Gardiens de la Révolution laissent présager une escalade supplémentaire si Washington passe à l'action.