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Chine : des robots humanoïdes prennent en charge la circulation routière

La Chine accélère le déploiement de robots humanoïdes aux carrefours de ses grandes villes. Dotés de caméras haute définition, de capteurs et d'intelligence artificielle, ces androïdes en uniforme dirigent désormais le trafic routier, détectent les infractions et interagissent avec les usagers. Une révolution technologique qui transforme la gestion urbaine du pays le plus peuplé du monde.

Depuis décembre 2025, une silhouette insolite se dresse à l'intersection de Binsheng Road et Changhe Road, dans le district de Binjiang à Hangzhou. Baptisé Hangxing No. 1, ce robot humanoïde de 1,80 mètre dirige la circulation avec des gestes calqués sur ceux de véritables policiers. Équipé de caméras haute définition et de capteurs omnidirectionnels, il détecte les infractions en temps réel et émet des avertissements vocaux aux contrevenants.

Le robot est connecté au City Brain d'Alibaba, le système de gestion urbaine intelligent déployé à Hangzhou. Cette intégration lui permet d'accéder à un réseau de données à l'échelle de la ville et d'anticiper certaines situations, comme une panne de feux de signalisation à proximité. Ses algorithmes s'améliorent en continu grâce à l'apprentissage automatique, nourri par son expérience aux carrefours réels.

Du prototype au déploiement à grande échelle

Hangzhou n'est pas un cas isolé. Le 10 janvier 2026, jour de la Fête de la police chinoise, la ville de Wuhu, dans la province de l'Anhui, a officiellement mis en service le ZhiJing R001. Développé par l'entreprise AiMOGA Robotics, ce robot policier porte un uniforme réglementaire, un gilet réfléchissant et une casquette blanche. Il exécute des gestes de commandement synchronisés avec les feux de circulation et identifie de manière autonome les infractions commises par les piétons et les cyclistes.

« Le robot peut travailler 24 heures sur 24 », souligne un officier de police local, précisant qu'il devrait alléger la charge de travail des agents, « notamment aux heures de pointe ou en cas de conditions météorologiques extrêmes ». AiMOGA a livré 300 robots humanoïdes et 1 000 robots quadrupèdes en 2025, et opère désormais dans plus de 30 pays.

D'autres métropoles suivent le mouvement. Chengdu a déployé cinq robots policiers sur la place Tianfu, tandis que Mianyang utilise des robots humanoïdes pour la régulation du trafic et des chiens-robots pour patrouiller dans les quartiers d'affaires. Shenzhen, de son côté, teste des modèles développés par Engine AI.

Un marché en pleine explosion

Cette offensive technologique s'inscrit dans une stratégie nationale initiée dès 2015 avec le plan Made in China 2025. Selon le Centre de recherche pour le développement du Conseil d'État, le marché chinois de l'intelligence incarnée devrait atteindre 400 milliards de yuans (environ 57 milliards de dollars) en 2030 et dépasser les 1 000 milliards en 2035. Morgan Stanley estime que le marché global de la robotique chinoise pourrait plus que doubler, passant de 47 milliards de dollars en 2024 à 108 milliards en 2028.

En 2025, environ 90 % des 13 000 robots humanoïdes vendus dans le monde étaient chinois, principalement fabriqués par Unitree Robotics et AgiBot. Unitree, qui a livré 5 500 unités l'an dernier, prévoit d'en expédier entre 10 000 et 20 000 d'ici la fin 2026.

Les autorités chinoises insistent toutefois sur un point : ces machines ne remplaceront pas les policiers humains. Elles sont conçues pour prendre en charge les tâches répétitives aux intersections, libérant ainsi les agents pour des missions plus complexes. Un policier reste d'ailleurs présent à proximité de chaque robot, prêt à intervenir si les avertissements vocaux ne suffisent pas. Si 2025 a été l'année des projets pilotes, 2026 marque le passage à l'échelle industrielle dans un pays qui transforme, à grande vitesse, les concepts de science-fiction en infrastructure urbaine quotidienne.

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