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Laurence des Cars démissionne du Louvre, Macron salue un « acte de responsabilité »

Quatre mois après le spectaculaire cambriolage qui a vu disparaître huit joyaux de la Couronne de France, la présidente du musée du Louvre, Laurence des Cars, a remis ce mardi 24 février sa démission à Emmanuel Macron. Le président de la République a accepté ce départ en saluant un « acte de responsabilité » à un moment où le plus grand musée du monde traverse une crise sans précédent.

La nouvelle, attendue par beaucoup dans le monde de la culture, met un terme à des mois de polémiques. Depuis le cambriolage spectaculaire du 19 octobre 2025, au cours duquel des malfaiteurs avaient dérobé huit pièces des joyaux de la Couronne estimées à près de 88 millions d'euros en utilisant un simple monte-charge, la position de Laurence des Cars était devenue intenable. Une enquête administrative, commandée par la ministre de la Culture Rachida Dati, avait mis au jour d'importants manquements en matière de sécurité, contraignant le musée à prendre des mesures d'urgence.

Ce n'est pas la première fois que Laurence des Cars tentait de quitter ses fonctions. Dès les jours suivant le casse, elle avait présenté une première démission, refusée à l'époque par Rachida Dati. Mais l'accumulation des crises a fini par avoir raison de sa détermination à rester. « J'ai pu faire des erreurs mais je pense avoir remis le Louvre en mouvement », a déclaré l'ancienne présidente, ajoutant qu'elle était là « pour prendre la foudre ».

Une succession de crises au Louvre

Le braquage, qualifié de « casse du siècle » par la presse, n'a été que le point de départ d'une série noire pour l'institution. Les mois qui ont suivi ont été marqués par des inondations dans les réserves égyptiennes, une menace d'effondrement de la galerie Campana, une fuite d'eau dans l'aile Denon, une vaste escroquerie à la billetterie ayant conduit à neuf interpellations, le tout accompagné d'un mouvement de grève du personnel.

La commission d'enquête parlementaire, lancée début décembre 2025 et ayant procédé à plus de 70 auditions, a rendu un rapport intermédiaire accablant le 19 février dernier. Les co-présidents Alexandre Portier et Alexis Corbière ont conclu que « ce vol n'est pas un accident, il révèle des défaillances systémiques », décrivant un musée devenu « un État dans l'État » fonctionnant sans contrôle suffisant de la tutelle.

Une nouvelle impulsion pour le Louvre

Dans un communiqué, l'Élysée a précisé qu'Emmanuel Macron avait remercié Laurence des Cars « pour son action et son engagement ces dernières années ». Le chef de l'État a souligné que le plus grand musée du monde avait besoin « d'apaisement et d'une nouvelle impulsion forte pour mener à bien les grands chantiers de sécurisation, de modernisation et le projet Louvre – Nouvelle Renaissance ».

Le président a toutefois tenu à saluer l'expertise scientifique de l'ancienne présidente en lui confiant une mission dans le cadre de la présidence française du G7, portant sur la coopération entre les grands musées des pays membres. Une manière de ménager une sortie honorable à celle qui dirigeait le Louvre depuis 2021.

Quatre suspects sont actuellement en détention dans l'affaire du braquage, dont deux présumés auteurs du vol. Les huit pièces dérobées, d'une valeur estimée à 88 millions d'euros, n'ont toujours pas été retrouvées. Les conclusions définitives de la commission d'enquête parlementaire sont attendues début mai 2026. Le nom du successeur de Laurence des Cars n'a pas encore été communiqué.

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