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Tariq Ramadan : 18 ans de réclusion requis pour viols sur trois femmes

Dix-huit ans de réclusion criminelle ont été requis ce mardi 24 mars contre l'islamologue suisse Tariq Ramadan, jugé par défaut et à huis clos par la cour criminelle départementale de Paris pour des viols sur trois femmes. L'avocat général a également demandé un mandat d'arrêt et une interdiction définitive du territoire français.

Le procès de Tariq Ramadan, ouvert le 2 mars dernier dans un huis clos total, touche à sa fin. Après neuf années de rebondissements judiciaires, l'avocat général a prononcé ses réquisitions : dix-huit ans de réclusion criminelle contre le prédicateur suisse de 63 ans, absent de son propre procès depuis le premier jour.

L'islamologue, qui se dit hospitalisé en psychiatrie dans un établissement proche de Genève, n'a jamais comparu devant la cour. « Les experts ont conclu à la stabilité de la sclérose en plaques dont souffre l'accusé, sans signe de poussée récente », avait indiqué la présidente de la cour le 6 mars, rejetant la demande de renvoi formulée par la défense.

Un arsenal de mesures complémentaires

Outre la peine de prison, l'avocat général a réclamé un mandat d'arrêt à l'encontre de Tariq Ramadan, une interdiction définitive du territoire français une fois la peine purgée, ainsi qu'une peine d'inéligibilité de dix ans. Il a également demandé l'inscription de l'accusé au Fichier des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes (FIJAISV).

Une mesure de suivi socio-judiciaire a aussi été requise, comportant l'interdiction d'entrer en contact avec les trois victimes et l'interdiction de réaliser toute œuvre visuelle ou littéraire concernant les faits reprochés.

Le prédicateur est accusé de trois viols. Le premier, aggravé par des violences et commis sur une personne vulnérable, aurait été perpétré sur une femme surnommée « Christelle » à Lyon en octobre 2009. Le deuxième concerne Henda Ayari, ex-militante salafiste devenue figure médiatique, qui l'accuse de viol commis en 2012 à Paris. C'est elle qui avait déclenché l'affaire en portant plainte en octobre 2017, dans le sillage du mouvement #MeToo. Une troisième femme l'accuse de faits similaires remontant à 2016.

La défense promet de faire opposition

Les quatre avocats de Tariq Ramadan ont quitté la salle d'audience dès le 6 mars, estimant ne pas pouvoir défendre leur client dans ce qu'ils qualifient de « parodie de justice ». Ils ont toutefois fait savoir qu'ils feraient opposition au verdict en cas de condamnation, comme le prévoit la procédure de défaut criminel.

Ce mardi, à la veille du verdict attendu ce mercredi 25 mars, l'accusé a fait déposer à la cour un certificat médical attestant de son hospitalisation dans un établissement psychiatrique. Cette affaire rappelle le mandat d'arrêt international émis en début de procès.

L'islamologue avait déjà été condamné par la justice suisse en 2024 pour un autre viol. Cette nouvelle condamnation, si elle est confirmée, pourrait entraîner un deuxième procès en cas d'opposition, voire un troisième en appel. Une issue judiciaire qui s'inscrit dans un contexte de prise de conscience accrue sur les violences sexuelles, comme l'a illustré le procès de Mazan où Dominique Pelicot a été condamné à 20 ans de prison.

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