Affaire Epstein : le gouvernement américain accusé d'avoir retiré des fichiers sur Trump
Le ministère américain de la Justice s'est engagé mercredi à réexaminer des documents du dossier Epstein, après que des médias ont révélé que le gouvernement aurait dissimulé plusieurs fichiers mentionnant Donald Trump, notamment concernant des accusations d'agression sexuelle sur mineure. Une enquête de NPR a mis au jour l'absence de 53 pages de rapports et d'interrogatoires du FBI dans la base de données publique.
L'affaire prend une tournure politique explosive. Selon l'enquête menée par la radio publique NPR, le département de la Justice, dirigé par Pam Bondi, une fidèle du président républicain, aurait empêché la publication de documents liés à des accusations contre Donald Trump. Ces fichiers concernent une femme qui s'était présentée au FBI en 2019, après l'arrestation du financier new-yorkais, affirmant avoir été agressée sexuellement quelques décennies plus tôt, lorsqu'elle était mineure, par Jeffrey Epstein et Donald Trump.
Sur la base d'une analyse de trois paquets différents de numéros de série apposés sur les dossiers, NPR a constaté que 53 pages de rapports et de notes d'interrogatoire sont probablement manquantes dans la base de données Epstein rendue publique. Parmi ces documents non-publiés figurent des notes du FBI résumant des interrogatoires effectués en lien avec les accusations de cette victime présumée. Le quotidien new-yorkais The New York Times affirme que sur les quatre interrogatoires effectués, un seul résumé – évoquant uniquement les accusations contre Jeffrey Epstein – a été rendu public.
Une « opération de dissimulation » dénoncée par les démocrates
Les élus démocrates de la puissante commission de supervision à la Chambre des représentants ont vivement réagi. Robert Garcia, démocrate et membre influent de cette commission, a qualifié cette affaire de « plus grande opération de dissimulation du gouvernement dans l'histoire moderne ». Il affirme pouvoir « confirmer que le ministère de la Justice semble avoir illégalement retenu des interrogatoires du FBI » avec la victime présumée qui accuse le président Trump de crimes graves.
Cette controverse intervient alors que le ministère de la Justice avait annoncé, fin janvier 2026, la publication de trois millions de pages supplémentaires concernant Jeffrey Epstein. Au total, 3,5 millions de pages de dossier auront été publiées par le gouvernement. Les fichiers font référence à Donald Trump à plus de 1 500 reprises, révélant notamment les liens entre Trump et Epstein au fil des décennies.
Face aux accusations, la procureure générale Pam Bondi et le procureur général adjoint Todd Blanche ont insisté dans une lettre datée du 14 février adressée aux membres du Congrès que « aucun document n'a été retenu ou expurgé sur la base d'un embarras, d'un préjudice à la réputation ou d'une sensibilité politique ». La porte-parole du ministère de la Justice, Natalie Baldassarre, a réitéré que tout document non publié est soit protégé par le secret, soit un doublon, soit lié à une enquête fédérale en cours.
La Maison Blanche crie à l'« exonération totale »
De son côté, la Maison Blanche a rapidement contre-attaqué. La porte-parole Abigail Jackson a déclaré que Donald Trump « a été totalement exonéré de tout ce qui concerne Epstein ». Cette affirmation contraste avec les révélations successives des médias américains sur les interrogatoires du FBI avec des accusatrices visant le président.
L'affaire soulève des questions majeures sur la transparence gouvernementale à un moment où Donald Trump occupe à nouveau la fonction présidentielle. Le réexamen annoncé par le ministère de la Justice sera scruté de près par les parlementaires démocrates, qui promettent de poursuivre leurs investigations. Plusieurs organisations de défense des droits civiques ont également demandé la publication immédiate de l'intégralité des documents concernés.
Jeffrey Epstein, financier américain accusé de trafic sexuel de mineures, s'est suicidé en prison en août 2019 alors qu'il attendait son procès. Son affaire avait éclaboussé de nombreuses personnalités internationales, et la publication progressive des dossiers continue de soulever des zones d'ombre sur les liens entretenus par l'homme d'affaires avec le monde politique et économique américain.