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Frappes sur l'Iran : le détroit d'Ormuz fermé, le pétrole mondial menacé

Samedi 28 février 2026, les Gardiens de la Révolution iraniens ont fermé le détroit d'Ormuz en représailles aux frappes américaines et israéliennes sur le territoire iranien. Cette décision stratégique menace directement 20% de l'approvisionnement mondial en pétrole et pourrait faire doubler le prix du baril en l'espace d'une semaine.

Les bombardements conjoints des États-Unis et d'Israël contre des installations iraniennes ont déclenché une réaction immédiate de Téhéran. Quelques heures après les premières frappes, la force navale de l'Union européenne a reçu un message radio clair : « Le passage n'est pas autorisé. » L'Iran a ainsi actionné ce que les analystes considèrent comme son « arme ultime ».

Le détroit d'Ormuz, large de seulement 50 kilomètres et profond d'à peine 60 mètres, constitue le goulot d'étranglement du commerce énergétique mondial. Environ 20 millions de barils de brut y transitent quotidiennement, représentant un cinquième de la consommation mondiale de pétrole liquide. L'Iran, le Koweït, l'Irak et le Qatar dépendent entièrement de ce passage pour leurs exportations.

Un baril à 140 dollars en une semaine ?

Les marchés pétroliers, qui rouvriront dimanche soir, s'apprêtent à vivre un choc majeur. Le prix du Brent avait déjà grimpé de 11 dollars depuis début janvier, atteignant 72,48 dollars le baril vendredi, soit une hausse de 2,45% sur la seule journée. Les analystes d'Oxford Economics projettent un doublement du prix, passant de 73 à environ 140 dollars en cas de fermeture prolongée d'une semaine.

Les conséquences économiques seraient dévastatrices à l'échelle mondiale. « Même un simple doute concernant la sécurité dans le détroit pousserait de nombreux navires, pour des raisons d'assurance, à rencontrer des difficultés de traversée », explique Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management. Les primes d'assurance maritime s'envoleraient, paralysant de facto le trafic commercial.

L'Europe serait particulièrement vulnérable. Après avoir basculé vers le GNL qatarien suite à la rupture avec le gaz russe en 2022, le continent verrait une partie cruciale de ses approvisionnements alternatifs coupée net. Le Qatar et les Émirats arabes unis ont exporté 84 millions de tonnes de GNL en 2024, soit environ un cinquième de l'offre mondiale, toutes transitant par Ormuz.

L'Iran joue son va-tout économique

Téhéran dispose d'un levier considérable face à Washington. Avec les élections de mi-mandat américaines prévues en fin d'année, Donald Trump, qui a promis des prix de l'énergie bas à son électorat, se trouve dans une position délicate. « Le président américain voudra éviter le risque d'un baril à 100 dollars », analyse John Evans du cabinet PVM.

L'Iran, septième producteur mondial avec 3,1 millions de barils par jour, exporte actuellement entre 1,3 et 1,5 million de barils quotidiennement, dont plus de 80% vers la Chine. Les sanctions américaines avaient déjà considérablement réduit ses débouchés commerciaux. En fermant Ormuz, Téhéran frappe là où cela fait mal : les cours du pétrole mondial.

Les analystes d'Oxford Economics estiment qu'un blocage prolongé provoquerait une inflation supplémentaire de 3 à 4% à l'échelle mondiale. Les ménages les plus modestes seraient les premiers touchés, avec une flambée des prix des carburants, de l'alimentation et du chauffage. Le Japon et la Corée du Sud, massivement dépendants du GNL importé pour leur électricité, se retrouveraient dans une situation critique.

L'OPEP+ doit se réunir dimanche matin pour évaluer la situation. Tous les regards sont désormais tournés vers Téhéran et Washington, dans l'attente d'une désescalade qui semble chaque heure plus improbable.

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