Un Airbus A320 d'Air India chute de 90 mètres : Airbus participe à l'enquête
Le 4 août 2026, le vol Air India AI2379 reliant Phuket à Delhi a subi une chute brutale de 90 mètres (300 pieds) en plein vol, blessant 17 personnes à bord de l'Airbus A320neo. Les autorités indiennes de l'aviation civile ont classé l'événement comme « incident grave » et le constructeur européen Airbus participe désormais activement à l'enquête, orientée vers une possible défaillance technique du système de commandes de vol électriques.
L'appareil, immatriculé VT-EXO, transportait 137 passagers dont trois nourrissons, ainsi que huit membres d'équipage composés de deux pilotes et six hôtesses et stewards. Selon les premières données de vol analysées par le Bureau d'enquête sur les accidents d'aéronefs (AAIB) indien, l'A320neo croisait à l'altitude de vol 360 (environ 10 970 mètres) au-dessus de l'État d'Odisha, dans l'est de l'Inde, lorsque l'incident s'est produit. L'avion a d'abord gagné 53 mètres d'altitude de manière inattendue, puis a brutalement chuté de 76 mètres avant que l'équipage ne parvienne à stabiliser l'appareil et à reprendre son altitude de croisière normale.
Parmi les 17 personnes blessées figurent 13 passagers et quatre membres d'équipage de cabine, tous hospitalisés dans un état décrit comme stable par les autorités sanitaires indiennes. Les blessures sont principalement dues à la violence de la décélération, plusieurs passagers n'ayant pas eu le temps d'attacher leur ceinture de sécurité lors de la chute soudaine. L'équipage a immédiatement déclenché les procédures d'urgence et maintenu le contact avec le contrôle aérien avant d'atterrir sans encombre à l'aéroport international Indira Gandhi de New Delhi à 11h07 heure locale. Aucune alerte mondiale sur les A320 n'avait été émise avant cet événement.
Une défaillance technique du système fly-by-wire suspectée
Contrairement aux premières hypothèses évoquant des turbulences atmosphériques, les enquêteurs privilégient désormais la piste d'une panne transitoire du système de commandes de vol électriques, connu sous le nom de fly-by-wire. Cette technologie, développée et perfectionnée par Airbus depuis les années 1980, remplace les commandes mécaniques traditionnelles par des systèmes électroniques contrôlés par ordinateur. Selon des sources proches de l'enquête citées par la presse indienne, l'appareil aurait connu une triple défaillance de ses systèmes hydrauliques durant l'incident, ce qui aurait pu compromettre temporairement le contrôle de l'avion.
Le gouvernement indien a saisi les enregistreurs de vol de l'appareil – la boîte noire et l'enregistreur de données de vol (FDR) – immédiatement après l'atterrissage. Ces dispositifs contiennent des informations cruciales sur les paramètres de vol, les commandes des pilotes et les conversations dans le cockpit durant les minutes précédant et suivant l'incident. L'analyse technique de ces données permettra de déterminer si la perte d'altitude résulte d'une anomalie logicielle, d'une défaillance matérielle ou d'une combinaison de facteurs. Le Bureau français d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile (BEA) et des experts techniques d'Airbus ont été dépêchés en Inde pour apporter leur assistance conformément aux règles internationales de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), codifiées dans l'Annexe 13.
Un précédent inquiétant pour la famille A320
Cet incident survient alors que la famille des Airbus A320, l'un des avions commerciaux les plus vendus au monde avec plus de 11 000 exemplaires en service, jouit généralement d'une excellente réputation en matière de sécurité. L'A320neo (pour new engine option), version modernisée entrée en service en 2016, est équipé de moteurs plus économes en carburant et de systèmes avioniques améliorés. Toutefois, plusieurs incidents mineurs impliquant des anomalies transitoires des systèmes électroniques ont été signalés ces dernières années par diverses compagnies aériennes opérant ce type d'appareil.
Air India, qui a considérablement modernisé sa flotte après sa fusion avec la compagnie domestique Indian Airlines et son rachat par le conglomérat Tata Group en 2022, exploite une cinquantaine d'A320neo sur ses liaisons domestiques et régionales en Asie du Sud et du Sud-Est. La compagnie a publié un communiqué rassurant affirmant que "l'appareil a continué normalement après cet événement momentané et a atterri en toute sécurité", tout en confirmant sa pleine coopération avec les enquêteurs. L'AAIB devrait publier un rapport préliminaire dans les semaines à venir, tandis qu'un rapport final détaillé pourrait prendre plusieurs mois avant d'être rendu public.
Les autorités de régulation aéronautique du monde entier suivront de près les conclusions de cette enquête. Si une défaillance systémique du système fly-by-wire était confirmée, Airbus pourrait être contraint d'émettre une directive de navigabilité pour inspecter ou modifier les systèmes de commande de vol sur l'ensemble de la flotte A320neo en service, ce qui concernerait plus de 2 500 appareils actuellement exploités par des centaines de compagnies aériennes à travers le monde. En attendant les résultats définitifs, les compagnies opérant ce type d'appareil ont été invitées à renforcer la surveillance de leurs systèmes de vol et à signaler toute anomalie, même mineure, aux autorités compétentes.