Netanyahu : « Nous sommes les gentils, ils sont les méchants »
Dans une interview accordée à Fox News le 3 mars 2026, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a défendu l'offensive conjointe américano-israélienne contre l'Iran en affirmant sans ambiguïté : « Nous combattons les méchants. Nous sommes les gentils. » Une déclaration qui résume la posture morale revendiquée par Jérusalem et Washington depuis le début des frappes massives lancées le 28 février dernier.
Alors que l'opération « Rugissement du Lion » côté israélien et « Fureur Épique » côté américain entre dans son quatrième jour, Netanyahu a voulu rassurer l'opinion publique internationale sur la légitimité de cette campagne militaire sans précédent. « Ces gens ont détruit leur propre peuple. Imaginez ce qu'ils pourraient faire », a-t-il lancé, faisant référence au régime des Ayatollahs.
Le chef du gouvernement israélien a particulièrement insisté sur la menace nucléaire iranienne. « Voulez-vous attendre ? Voulez-vous parier votre avenir sur le fait qu'ils le feront ou non ? », a-t-il interrogé. Netanyahu a établi une comparaison saisissante avec la Corée du Nord : « Personne n'a arrêté la Corée du Nord, donc ils ont maintenant des missiles balistiques et des ogives nucléaires. Mais ils ne disent pas 'Mort à l'Amérique'. L'Iran, c'est cinquante Corées du Nord. L'Iran vise votre destruction. »
Une guerre « rapide et décisive »
Face aux craintes d'un enlisement, Netanyahu a assuré que cette offensive ne se transformerait pas en « guerre sans fin ». « Vous n'aurez pas une guerre interminable », a-t-il promis, qualifiant l'opération de « rapide et décisive », tout en reconnaissant qu'elle pourrait durer « possiblement des mois, pas des années ».
Le Premier ministre a justifié l'urgence de l'intervention par l'avancement des programmes nucléaires et balistiques iraniens. « Ils ont commencé à construire de nouveaux sites, des bunkers souterrains qui auraient rendu leurs programmes hors d'atteinte en quelques mois », a-t-il révélé. Selon un responsable iranien cité par la presse internationale, Téhéran disposerait désormais de suffisamment d'uranium enrichi pour fabriquer onze bombes nucléaires.
Depuis le 28 février, les frappes américano-israéliennes ont visé environ 500 cibles en Iran. L'annonce de la mort du Guide suprême Ali Khamenei, le 1er mars, a marqué un tournant dans le conflit. L'Iran a riposté en ciblant des bases américaines dans le Golfe, notamment à Bahreïn, au Qatar et aux Émirats arabes unis. Six militaires américains ont perdu la vie depuis le début des opérations.
L'extension régionale du conflit
Le Hezbollah libanais est entré dans la guerre dans la nuit du 1er au 2 mars, lançant des salves de roquettes et de drones vers le nord d'Israël. Des sirènes d'alerte ont retenti à Haïfa et en Haute-Galilée. En réponse, l'armée israélienne mène désormais des frappes simultanées sur Téhéran et Beyrouth, ciblant notamment les infrastructures du Hezbollah, dont l'immeuble de la chaîne Al-Manar.
Les Gardiens de la Révolution ont revendiqué le lancement de « plus de 700 drones et des centaines de missiles » contre des objectifs américains et israéliens dans toute la région. À Tel-Aviv, une frappe iranienne sur une zone résidentielle a tué une femme et blessé 27 personnes.
Netanyahu a également évoqué l'objectif politique de cette campagne : créer les conditions permettant aux Iraniens de « former leur propre gouvernement démocratiquement élu ». Une ambition qui rappelle les discours ayant précédé d'autres interventions américaines au Moyen-Orient, dont les conséquences restent controversées.
Face à l'escalade, le groupe E3 réunissant le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne s'est mobilisé pour tenter de prévenir de nouvelles frappes iraniennes, résolvant de soutenir si nécessaire des « mesures militaires défensives proportionnées ».