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Imad Tintin : malgré trois OQTF, la justice ordonne un titre de séjour

Le tribunal administratif de Grenoble a annulé, le 25 février, la décision de la préfecture de l’Isère refusant un titre de séjour à Imad Ould Brahim, influenceur algérien de 32 ans connu sur les réseaux sociaux sous le pseudonyme Imad Tintin. Malgré trois obligations de quitter le territoire français (OQTF) et une condamnation pénale, la juridiction a ordonné à l’administration de lui délivrer un certificat de résidence dans un délai de deux mois, en application de l’accord franco-algérien de 1968.

Installé à Échirolles, près de Grenoble, depuis fin 2021, Imad Ould Brahim, également surnommé « Blédard de luxe », a fait l’objet de trois OQTF successives prononcées par la préfecture de l’Isère en 2021, 2022 puis le 3 novembre 2025. Aucune de ces mesures n’a été exécutée. Entre-temps, l’homme s’est marié avec une ressortissante française et est devenu père d’un enfant né sur le sol français en décembre 2024.

Fort de cette nouvelle situation familiale, il dépose en décembre 2024 une demande de certificat de résidence en qualité de « parent d’enfant français ». La préfecture rejette sa requête et prononce une troisième OQTF, estimant que son passé administratif et judiciaire justifie ce refus. Son avocat saisit alors le tribunal administratif de Grenoble.

L’accord franco-algérien de 1968 au cœur du jugement

Dans sa décision du 25 février 2026, le tribunal a estimé que la préfecture avait commis une « erreur d’appréciation » en examinant le dossier au regard du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (Ceseda). Les juges ont rappelé que la situation des ressortissants algériens relève d’un cadre juridique spécifique : l’accord bilatéral franco-algérien du 27 décembre 1968, qui prévoit la délivrance d’un certificat de résidence pour « vie privée et familiale » aux parents d’enfants français.

Selon le tribunal, la préfecture ne pouvait pas refuser la demande de titre de séjour au seul motif du non-respect d’une ancienne OQTF. La juridiction a ainsi annulé l’arrêté préfectoral contesté et enjoint à l’administration de délivrer le document dans un délai de deux mois. Une affaire qui rappelle d’autres dossiers d’influenceurs algériens confrontés à des procédures d’éloignement en France.

Un parcours judiciaire mouvementé

L’influenceur aux centaines de milliers d’abonnés n’en est pas à sa première affaire judiciaire. En janvier 2025, il est interpellé pour des propos tenus en arabe sur TikTok, initialement qualifiés de « provocation à un acte de terrorisme » par le parquet. Le tribunal correctionnel de Grenoble requalifie finalement les faits en simple « menaces de violences » et le condamne à une amende de 450 euros. En décembre 2025, la cour d’appel confirme cette condamnation assortie d’un sursis.

Cette affaire s’inscrit dans un contexte de tensions récurrentes entre Paris et Alger, où les questions migratoires et le statut des ressortissants algériens en France occupent régulièrement le débat public. La préfecture de l’Isère dispose désormais d’un mois pour interjeter appel de cette décision. En l’absence de recours, elle devra se conformer à l’injonction du tribunal et délivrer le certificat de résidence à Imad Ould Brahim.

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