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La Chine suspend ses exportations de carburant pour éviter une pénurie intérieure

Face à la fermeture du détroit d'Ormuz et aux perturbations majeures sur le marché pétrolier mondial, la Chine a ordonné à ses principaux raffineurs de suspendre immédiatement toutes les exportations de carburant. Cette décision, annoncée le 5 mars 2026, vise à préserver l'approvisionnement du marché intérieur chinois dans un contexte géopolitique particulièrement tendu.

La Commission nationale du développement et de la réforme (NDRC), principal organe de planification économique chinois, a convoqué en urgence les dirigeants des grandes compagnies pétrolières du pays. PetroChina, Sinopec, CNOOC, Sinochem Group et le raffineur privé Zhejiang Petrochemical ont reçu des instructions claires : suspension immédiate des exportations de produits pétroliers raffinés et annulation des contrats de livraison déjà signés.

Cette mesure exceptionnelle intervient après les frappes israéliennes et américaines contre l'Iran, qui ont provoqué la fermeture totale du détroit d'Ormuz. Ce passage stratégique, par lequel transite une part considérable du pétrole mondial, représentait 57 % des importations directes de brut de la Chine en 2025.

Des volumes considérables en jeu

Les exportations chinoises de carburants raffinés constituent un pilier du marché asiatique. Selon les données du secteur pétrolier, les raffineries du pays devaient exporter environ 3,8 millions de tonnes de carburants en mars 2026. Sur les onze premiers mois de 2025, ces exportations avaient atteint 52,65 millions de tonnes d'essence, de diesel et de kérosène.

Pékin avait pourtant accordé des quotas d'exportation substantiels pour 2026. La première tranche s'élevait à 19 millions de tonnes, dont 13,76 millions attribués aux géants d'État Sinopec et CNPC. Ces autorisations sont désormais gelées, à l'exception du carburant aviation pour les vols internationaux et des livraisons vers Hong Kong et Macao.

Certaines raffineries chinoises ont déjà commencé à réduire leur production face à la raréfaction des approvisionnements en brut. Zhejiang Petrochemical et la raffinerie Sinopec de Fujian ont diminué leur capacité de traitement, une tendance qui pourrait s'accentuer si les perturbations persistent.

Un choc sur les marchés mondiaux

La réaction des marchés ne s'est pas fait attendre. Les marges de raffinage du diesel ont bondi à 49 dollars le baril, tandis que celles du kérosène dépassent les 55 dollars, des niveaux inédits depuis trois ans. Le baril de Brent a grimpé de 15 % pour atteindre environ 84 dollars, son plus haut niveau depuis juillet 2024.

Les répercussions se font déjà sentir chez les pays importateurs asiatiques. Aux Philippines, le prix de l'essence a augmenté de 1,90 peso par litre dès le 3 mars. En Europe, le gaz naturel (TTF) a enregistré une hausse de 20 %, signe que les tensions énergétiques dépassent largement le secteur pétrolier.

Cette décision de Pékin illustre la fragilité de l'équilibre énergétique mondial. Alors que la Chine cherche à protéger sa population d'éventuelles pénuries, les automobilistes et industriels du reste du monde pourraient en subir les conséquences à travers une nouvelle flambée des prix à la pompe.

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