Monoprix en pleine restructuration : des fermetures de magasins annoncées partout en France
L'enseigne Monoprix, pilier historique du commerce de centre-ville en France, s'apprête à franchir une nouvelle étape dans la restructuration de son réseau. Un comité social et économique extraordinaire, convoqué pour le 10 février 2026, doit statuer sur la fermeture et la cession de plusieurs points de vente, aussi bien en Île-de-France qu'en province. Une annonce qui suscite l'inquiétude des syndicats et des salariés.
La nouvelle a fait l'effet d'un coup de tonnerre dans le monde de la grande distribution. Monoprix, filiale du groupe Casino, a confirmé la tenue d'un CSE extraordinaire dont l'ordre du jour porte sur trois points essentiels : la cession de certains magasins à un repreneur du même secteur, la fermeture définitive d'autres établissements et l'avenir des salariés concernés. Les magasins visés se situent tant à Paris et en Île-de-France que dans d'autres régions du pays.
Ce mouvement n'est pas inédit pour l'enseigne. En 2024, Monoprix avait déjà procédé à la fermeture de 37 magasins dans le cadre d'un vaste plan de réajustement de son réseau de distribution. La même année, 33 nouveaux points de vente avaient toutefois été ouverts, témoignant d'une stratégie de rééquilibrage plutôt que d'un simple repli.
Une stratégie tournée vers la franchise
Alfred Hawawini, directeur général de Monoprix, défend la vision d'un réseau « équilibré et performant », capable de s'adapter aux défis du marché actuel. L'enseigne mise notamment sur le développement de la franchise, un modèle qui a montré des résultats encourageants ces dernières années, avec l'ouverture d'une trentaine de points de vente franchisés en 2024. L'objectif affiché : rendre le réseau plus flexible et réactif face aux évolutions rapides des habitudes de consommation.
Car les raisons de cette restructuration sont multiples. La concurrence accrue des enseignes à bas prix, l'essor fulgurant du e-commerce et des services de livraison à domicile, mais aussi l'augmentation constante des charges d'exploitation en centre-ville pèsent lourdement sur la rentabilité de certains magasins. « L'impact de l'inflation nous a écrasés », reconnaissait un responsable de l'enseigne à propos des fermetures intervenues à l'été 2025.
Le cas de Toulouse illustre parfaitement cette tendance. Le magasin Monop' de la rue Matabiau, en plein cœur de ville, a définitivement baissé le rideau au second trimestre 2025. Huit employés, dont sept en CDI, ont été concernés par cette fermeture, même si les deux autres Monop' de la ville ainsi que le grand Monoprix de la rue d'Alsace-Lorraine restent ouverts. D'autres acteurs de la grande distribution en France sont également confrontés à des difficultés similaires.
Un climat social tendu
Du côté des syndicats, l'inquiétude est palpable. Si la direction assure que l'ensemble des effectifs sera « repositionné au sein du même bassin d'emploi » et qu'aucune suppression de poste n'est prévue, les représentants du personnel réclament davantage de transparence. En décembre 2025, les salariés du Monoprix Secrétan, dans le 19e arrondissement de Paris, se sont mis en grève pour dénoncer des pressions managériales et un climat interne dégradé.
Les organisations syndicales soulignent que, bien que des magasins aient été identifiés comme étant en difficulté depuis un certain temps, aucune fermeture importante n'avait été annoncée récemment. L'accélération soudaine du processus les prend de court. Ils espèrent que le CSE du 10 février permettra d'obtenir des engagements fermes sur le reclassement des salariés et les conditions de cession des magasins.
Au-delà du cas Monoprix, cette restructuration pose la question plus large de l'avenir du commerce de proximité en France. Alors que les centres-villes se vident progressivement de leurs enseignes historiques, les collectivités locales et les pouvoirs publics sont appelés à repenser le modèle du commerce urbain pour éviter la désertification commerciale.