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Tebboune face à la presse : « Celui qui veut humilier l'Algérie n'est pas encore né »

Le président Abdelmadjid Tebboune a accordé, le 7 février 2026, une nouvelle entrevue périodique aux représentants de la presse nationale, diffusée sur les chaînes de télévision et de radio algériennes. Souveraineté, refus de la dette extérieure, relations avec les grandes puissances, liberté de la presse, projets structurants : le chef de l'État a abordé tous les dossiers brûlants de l'heure, avec des formules chocs qui ont fait le tour des réseaux sociaux et des rédactions.

D'emblée, le ton est donné. Interrogé sur les pressions internationales et le traitement de certaines questions sensibles par la France, Tebboune a lâché une phrase appelée à marquer les esprits : « Celui qui veut humilier l'Algérie n'est pas encore né ! » Une déclaration sans ambiguïté, qui résume à elle seule la posture de fermeté adoptée par Alger sur la scène diplomatique. Le président a toutefois refusé d'alimenter la polémique avec Paris, déclarant avec un calme calculé : « Si vous permettez, en toute démocratie, je ne réponds pas en ce qui concerne la France. »

Sur ses relations avec les grandes puissances, le chef de l'État s'est montré bien plus disert. « C'est bizarre, avec les grands on s'entend », a-t-il glissé, non sans une pointe d'ironie, en évoquant les échanges réguliers qu'il entretient avec les présidents chinois, russe et allemand. L'Algérie, a-t-il martelé, « traite avec tous les États d'égal à égal », en tant que « puissance régionale, continentale et mondiale ». Il s'est dit « satisfait » de la relation avec Washington, ajoutant que les États-Unis « sont contents de notre relation ».

Souveraineté économique et refus de l'endettement

Le volet économique a occupé une large place dans cette entrevue. Face aux interrogations sur le financement des grands projets, Tebboune a été catégorique : « Pas de recours à la dette extérieure. » Et de préciser la philosophie qui sous-tend ce choix : « Ce n'est pas par manque de fonds propres, mais pour ne pas hypothéquer l'avenir des générations à venir, et pour rester autonomes et souverains dans nos prises de position. »

Seule exception concédée : un éventuel emprunt de 3 milliards de dollars auprès de la Banque africaine de développement pour la ligne ferroviaire Alger-Tamanrasset, remboursable en douze à treize ans. « Au moins, avec la BAD, personne ne viendra nous dire de ne pas soutenir la Palestine ou nous dicter nos décisions », a-t-il justifié, dans une allusion à peine voilée aux conditionnalités imposées par d'autres bailleurs internationaux.

Sur le projet minier de Gara Djebilet, le président a qualifié la ligne de chemin de fer minière de 950 kilomètres, inaugurée le 1er février, de « l'une des batailles menées par les grands hommes de ce pays ». Il a annoncé une rentabilité attendue en cinq ans pour le fer, et d'un à quinze ans pour le phosphate selon le degré de transformation.

Justice sociale, libertés et numérique

Le président s'est également exprimé sur les transferts sociaux et la lutte contre le gaspillage. « Même si seulement 20 familles sont privées de leur droit à l'aide sociale, c'est une injustice », a-t-il déclaré, tout en annonçant que la numérisation complète, prévue « d'ici la fin 2026 », permettra de mieux cibler les bénéficiaires. « Il n'est pas possible de soutenir celui qui gagne 100 millions de centimes par mois. L'aide étatique va vers celui qui ne gagne que 30 000 à 35 000 DA », a-t-il tranché.

Le chef de l'État a par ailleurs rappelé l'ampleur du gaspillage des ressources subventionnées : « Le prix du gaz ne dépasse pas les 20 à 25 % de sa valeur réelle », de même pour l'électricité, l'eau et le pain. Autre annonce attendue par les automobilistes : il n'y aura pas de péage autoroutier.

Sur la liberté de la presse, Tebboune a affiché une position nuancée. « Je l'ai garantie dans mes engagements, mais pas la liberté d'insulter, pas la liberté de conspirer et de s'autodétruire », a-t-il averti. Il a néanmoins encouragé les journalistes disposant de dossiers à « publier à leur guise », même lorsque ces dossiers impliquent des ministres, à condition que les informations soient vérifiées.

En abordant les relations avec les pays du Sahel et la Libye, le président n'a pas caché son « dépit » face à l'évolution de la situation dans la région, tout en réaffirmant la main tendue de l'Algérie. Pour la Libye, il a souligné la coordination tripartite entre Alger, Le Caire et Tunis en faveur de la stabilité et de l'unité du pays voisin. Autant de messages qui confirment la volonté de Tebboune de positionner l'Algérie comme un acteur incontournable, souverain et indépendant, sur l'échiquier régional et international.

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