Vente de l'OM : trois pistes majeures pour succéder à Frank McCourt
Alors que la crise sportive et institutionnelle secoue l'Olympique de Marseille, la question de la vente du club refait surface avec insistance. Frank McCourt, propriétaire depuis 2016, aurait fixé un prix astronomique de 1,2 milliard d'euros pour céder le club phocéen. Trois candidats potentiels se détachent désormais dans ce dossier brûlant.
La récente restructuration de la direction marseillaise, avec l'éviction de Pablo Longoria et la nomination d'Alban Juster à la présidence, n'a pas apaisé les tensions au sein du club. Parallèlement, Frank McCourt aurait ouvert des discussions aux États-Unis pour trouver de nouveaux investisseurs, tout en affichant publiquement son refus de vendre. Une posture ambiguë qui alimente les spéculations depuis plusieurs semaines.
Le montant exigé par l'homme d'affaires américain fait toutefois grincer des dents. Selon La Provence, McCourt réclamerait 1,2 milliard d'euros, soit près de vingt fois le prix d'acquisition en 2016, lorsqu'il avait déboursé 45 millions d'euros. Or, le magazine Forbes évaluait l'OM à seulement 594 millions d'euros l'année dernière, révélant un écart considérable avec les prétentions du propriétaire.
L'Arabie saoudite, une piste persistante
Parmi les repreneurs potentiels, l'Arabie saoudite demeure une option récurrente. Le royaume, déjà propriétaire de Newcastle via son fonds souverain, investit massivement dans le football mondial. Le prince Al-Walid ben Talal, dont la fortune est estimée à près de 20 milliards de dollars selon Forbes, serait particulièrement intéressé par le club phocéen. Ce dernier a récemment financé sept transferts majeurs pour Al-Hilal, démontrant sa capacité d'investissement dans le secteur.
Toutefois, Jean-Charles De Bono, spécialiste économie de l'After Foot, tempère ces espoirs. « Le contexte géopolitique actuel, notamment au Moyen-Orient, risque d'être un frein », analyse-t-il, soulignant les incertitudes liées aux tensions régionales persistantes.
Rodolphe Saadé, le rêve des supporters marseillais
Une autre figure cristallise les espoirs de la cité phocéenne : Rodolphe Saadé, patron du groupe maritime CMA CGM. Déjà partenaire majeur de l'OM, le milliardaire marseillais incarne pour beaucoup le repreneur idéal. Certains n'hésitent pas à le comparer à Bernard Tapie, figure tutélaire du club durant les années glorieuses. Son attachement viscéral à la ville et au club en fait un candidat symboliquement puissant.
Néanmoins, aucune indication concrète ne permet d'affirmer son intérêt réel pour un rachat. Le dirigeant de CMA CGM, concentré sur l'expansion de son empire maritime, n'a jamais confirmé de telles ambitions.
Enfin, l'arrivée de capitaux américains reste une option logique. McCourt dispose d'un réseau solide aux États-Unis où il a bâti sa fortune. Ce modèle, déjà adopté par plusieurs clubs européens, pourrait séduire des fonds d'investissement outre-Atlantique. « Les milliardaires se connaissent entre eux », rappelle Jean-Charles De Bono, qui estime plus probable la recherche d'actionnaires minoritaires plutôt qu'une cession totale.
À un tel prix, les observateurs restent sceptiques. « Il n'arrivera jamais à vendre l'OM 1,2 milliard d'euros », tranche De Bono, qui évalue une fourchette réaliste entre 500 et 600 millions d'euros. L'avenir du club phocéen demeure donc suspendu aux ambitions de son propriétaire américain et à la patience des supporters marseillais, toujours en quête d'un renouveau.