Municipales à Montpellier : le tribunal administratif donne raison à Rémi Gaillard
Le tribunal administratif de Montpellier a rendu son verdict ce mardi 10 mars 2026. Rémi Gaillard, candidat aux élections municipales sous la bannière « Yes we clown », obtient gain de cause : sa profession de foi, initialement invalidée par la commission de propagande électorale, sera finalement distribuée aux électeurs montpelliérains.
L'audience s'est tenue à 11h30 devant le juge des référés du tribunal administratif de Montpellier. Après avoir examiné les arguments des deux parties, la juridiction a tranché en faveur du vidéaste et humoriste de 51 ans. Une victoire judiciaire à quelques jours du premier tour des élections municipales, prévu le 15 mars prochain.
Une invalidation contestée pour une question de couleurs
Le vendredi 6 mars, la commission de propagande électorale de l'Hérault avait invalidé la profession de foi de Rémi Gaillard. Motif invoqué : les couleurs utilisées sur le document, « bleu, beige, rouge », seraient « susceptibles d'entraîner une confusion avec le drapeau tricolore », en violation de l'article R27 du code électoral. Une décision intervenue alors que 250 000 exemplaires avaient déjà été imprimés pour être distribués avec le matériel officiel de campagne.
L'équipe du candidat a immédiatement contesté cette interprétation. « Ce n'est pas du blanc mais du beige, on est loin d'une ressemblance avec le drapeau français ! », a fait valoir Rémi Gaillard, présent au tribunal aux côtés de son avocate. Cette dernière a souligné que la juxtaposition bleu-blanc-rouge n'existait pas sur le document incriminé.
Face à la presse, l'humoriste n'a pas caché son ironie : « Je me demande si l'État n'est pas en train de me faire une gigantesque caméra cachée. Si c'est rejeté, il faudra expliquer aux Français que le drapeau a changé de couleur pour du bleu beige et rouge ! »
Une bataille politique en toile de fond
Cette affaire s'inscrit dans un contexte électoral tendu à Montpellier. Selon l'entourage de Rémi Gaillard, l'invalidation ferait suite à un signalement émanant de la liste conduite par le maire sortant, le socialiste Michaël Delafosse. L'équipe du candidat y voit une « manœuvre politique visant à freiner une candidature atypique, construite hors des partis traditionnels ».
Pour sa défense, la préfecture avait invoqué le risque de réimpression et les délais d'acheminement aux électeurs. Des arguments balayés par l'avocate de Rémi Gaillard : « La décision nous a été communiquée vendredi en fin de matinée, nous avons saisi la juridiction administrative lundi matin. Le candidat n'est pas tributaire des délais d'envoi. »
La majorité sortante maintient quant à elle qu'il s'agissait simplement d'appliquer les mêmes règles à tous les candidats, la neutralité des documents officiels étant une garantie pour les électeurs.
Cette victoire juridique arrive à point nommé pour Rémi Gaillard, qui avait frôlé le second tour lors des municipales de 2020 avec 9,58% des voix. Son équipe estime que ses meilleures positions dans les sondages actuels auraient inquiété ses adversaires. Les Montpelliérains pourront donc prendre connaissance de son programme dans leur boîte aux lettres avant de se rendre aux urnes les 15 et 22 mars prochains.