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Cyberguerre : Israël affirme avoir identifié des dizaines de piratages iraniens de caméras

Depuis le début de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février 2026, une guerre invisible se déroule dans le cyberespace. La direction israélienne de la cybersécurité vient de révéler avoir identifié « des dizaines de piratages iraniens de caméras de sécurité à des fins d'espionnage », tandis que des chercheurs en cybersécurité évoquent des centaines de tentatives d'intrusion ciblant Israël et ses alliés régionaux.

Selon les experts de Check Point, société de cybersécurité basée à Tel-Aviv, plusieurs groupes de hackers liés à l'Iran ciblent activement des caméras de surveillance connectées à Internet depuis le début du conflit. Les chercheurs ont ainsi documenté « des centaines de tentatives d'exploitation de vulnérabilités dans des caméras IP fabriquées par Hikvision et Dahua », deux géants chinois de la vidéosurveillance.

Les pays visés par ces cyberattaques correspondent précisément à ceux ayant connu une activité balistique iranienne significative : Israël, Qatar, Bahreïn, Koweït, Émirats arabes unis, Chypre et Liban. Cette corrélation n'est pas fortuite selon les analystes.

Des images pour préparer des frappes physiques

L'objectif de ces intrusions numériques dépasse la simple collecte de renseignements. D'après Check Point, les images obtenues servent vraisemblablement « à évaluer les dommages causés par les attaques ou à rassembler les informations nécessaires sur les habitudes des individus ciblés ou les sites à frapper ». Ces hackers « font partie de l'armée iranienne » et sont « largement soutenus par l'État », précise la société de cybersécurité.

Ce mode opératoire n'est pas nouveau. Un schéma similaire avait été observé lors du conflit israélo-iranien de juin 2025, lorsque des caméras compromises avaient été utilisées pour la reconnaissance et l'évaluation des dégâts, notamment près de l'Institut Weizmann en Israël avant une frappe de missile.

Face à cette menace, la direction israélienne de la cybersécurité travaille à alerter des centaines de propriétaires de caméras et appelle le public à renforcer leurs pratiques de cybersécurité : changement des mots de passe par défaut et mise à jour des logiciels.

Une guerre du renseignement à double sens

Paradoxalement, cette révélation intervient alors que les services de renseignement israéliens sont eux-mêmes accusés d'avoir piraté le réseau de caméras de circulation de Téhéran pendant des années. Selon une enquête du Financial Times, le Mossad et l'unité 8200 auraient infiltré « presque toutes les caméras de surveillance routière de Téhéran », permettant de traquer les déplacements du Guide suprême Ali Khamenei avant son élimination.

Un responsable du renseignement israélien aurait même déclaré au quotidien britannique : « Nous connaissions Téhéran aussi bien que Jérusalem ». Les données collectées, provenant de centaines de flux différents, auraient été analysées à l'aide d'outils d'intelligence artificielle capables de traiter des milliards de points d'information.

Cette intégration sans précédent des capacités cyber dans une campagne militaire marque une nouvelle étape dans les conflits modernes. Avec une soixantaine de groupes hacktivistes actifs selon certaines estimations, et des acteurs étatiques de plus en plus sophistiqués, la guerre des caméras illustre comment le cyberespace est devenu un champ de bataille à part entière.

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