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Grève des contrôleurs aériens : des dizaines de vols annulés à l'aéroport de Nice

Les 9 et 10 février 2026, une grève nationale des contrôleurs aériens a fortement perturbé le trafic de l'aéroport Nice Côte d'Azur, troisième plateforme aéroportuaire de France. Les trois principaux syndicats du secteur — SNCTA, UNSA-ICNA et USAC-CGT — ont mené un mouvement de 48 heures pour dénoncer le manque d'effectifs et les défaillances dans le remplacement des agents partant à la retraite. Des dizaines de vols ont été annulés et des retards importants ont affecté les passagers au départ comme à l'arrivée.

L'aéroport de Nice figure parmi les plateformes les plus touchées par ce mouvement social d'ampleur nationale. La Direction générale de l'aviation civile (DGAC) avait demandé aux compagnies aériennes de réduire leurs programmes de vols, jusqu'à 50 % à Paris-Orly et 30 % à Marseille-Provence. À Nice, les annulations se sont enchaînées dès le dimanche matin, contraignant des milliers de voyageurs à revoir leurs plans.

Au total, environ 180 vols ont été supprimés sur l'ensemble du territoire français au cours de ces deux journées. Les compagnies Air France, easyJet, Ryanair et British Airways ont été les plus affectées, annulant des dizaines de liaisons domestiques et intra-européennes. Les vols long-courriers au départ de Paris-Charles-de-Gaulle ont en revanche été largement préservés. Certains passagers ont été réacheminés par voie ferroviaire ou via des hubs alternatifs.

Des retards en cascade dans les aéroports du sud

Si les annulations ont constitué la partie la plus visible du mouvement, les retards ont également pesé lourdement sur l'expérience des voyageurs. À Paris-Orly, les délais moyens ont atteint une heure. À Marseille-Provence, la situation était encore plus tendue, avec des attentes pouvant aller jusqu'à deux heures. Les aéroports de Toulouse-Blagnac et Bordeaux-Mérignac ont eux aussi subi d'importants dysfonctionnements. Le personnel d'encadrement a été redéployé sur les positions radar critiques pour maintenir un service minimum.

L'aéroport de Nice, qui dessert la Côte d'Azur et accueille un trafic international conséquent, a particulièrement souffert de cette désorganisation. Les liaisons avec les grandes capitales européennes — Londres, Bruxelles, Amsterdam — ont été fortement perturbées, tout comme les vols intérieurs vers Paris, Lyon et Marseille. « C'est un week-end entier de gâché », témoignait un passager bloqué au terminal 2, en attente d'un vol de remplacement vers Londres.

Un conflit social profond sur les effectifs

Au cœur du conflit se trouve la question du renouvellement des effectifs. Les trois syndicats reprochent à la DGAC de ne pas remplacer les contrôleurs aériens partant à la retraite sur une base de un pour un. Ils estiment que cette politique met en danger la sécurité du transport aérien et accroît la charge de travail des agents en poste, en particulier à l'approche des périodes de forte affluence comme Pâques et l'été.

La direction de l'aviation civile rétorque que les ratios de remplacement reflètent les prévisions de trafic à l'échelle européenne et que des outils d'automatisation modernisés, attendus à partir de 2027, viendront compenser les départs. Un argumentaire qui ne convainc pas les syndicats, lesquels ont d'ores et déjà déposé un préavis pour une éventuelle grève durant les vacances de Pâques si les négociations n'aboutissent pas.

En ce qui concerne les droits des passagers, le règlement européen 261/2004 ne prévoit pas d'indemnisation forfaitaire en cas de grève des contrôleurs aériens, celle-ci étant considérée comme une « circonstance extraordinaire ». Les compagnies restent néanmoins tenues de proposer un réacheminement ou un remboursement intégral du billet. Elles doivent aussi assurer la prise en charge des passagers bloqués à l'aéroport : repas, rafraîchissements, hébergement si nécessaire et moyens de communication.

Ce nouveau mouvement social rappelle la grève massive de juillet 2025, qui avait entraîné l'annulation de plus de 1 100 vols en France et affecté près de 500 000 voyageurs en pleine période estivale. L'aéroport de Nice avait alors perdu la moitié de ses liaisons. Le bras de fer entre syndicats et administration semble loin d'être terminé, et les voyageurs transitant par la Côte d'Azur ont tout intérêt à surveiller de près l'évolution des négociations dans les semaines à venir.

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