sfy39587stp17
Aller au contenu principal

Port-de-Bouc : 400 bonbonnes de protoxyde d'azote saisies dans une épicerie

Les forces de l'ordre ont découvert près de 400 bonbonnes de protoxyde d'azote lors d'un contrôle dans une épicerie de Port-de-Bouc (Bouches-du-Rhône), mercredi 12 février. Une saisie qui illustre l'ampleur du trafic de « gaz hilarant » dans le sud de la France, alors que les autorités multiplient les opérations pour endiguer ce fléau de santé publique.

C'est au cours d'une opération de contrôle que les policiers sont tombés sur un véritable stock de protoxyde d'azote dissimulé dans une épicerie de Port-de-Bouc, commune située à l'ouest de Marseille. Pas moins de 400 bonbonnes du gaz, également connu sous le nom de « gaz hilarant », ont été saisies sur place. Le gérant de l'établissement fait l'objet de poursuites.

La substance, initialement utilisée en médecine ou dans les siphons à crème chantilly, fait l'objet d'un usage détourné massif, en particulier chez les jeunes. Inhalé à l'aide de ballons de baudruche, le protoxyde d'azote provoque un bref effet euphorisant, mais ses conséquences sur la santé peuvent être dramatiques : lésions neurologiques, paralysies, troubles cardiovasculaires, voire décès par asphyxie. La youtubeuse Mouna, de la Team Nasdas, a récemment témoigné de sa paralysie après avoir consommé ce gaz.

Les Bouches-du-Rhône en première ligne

Le département des Bouches-du-Rhône n'est pas épargné par ce phénomène. Dès décembre 2025, la préfète de police déléguée avait pris un arrêté interdisant la détention, le transport et la consommation de protoxyde d'azote à des fins récréatives sur l'ensemble des voies et espaces publics du département. Les forces de l'ordre ont été autorisées à verbaliser les contrevenants et à saisir les contenants.

À Marseille, la police municipale avait déjà confisqué 180 bonbonnes dans une épicerie de nuit du quatrième arrondissement, après avoir interdit la vente de protoxyde d'azote aux mineurs. Dans tout le pays, les saisies se multiplient : 25 000 bonbonnes à Gonesse (Val-d'Oise), 7 tonnes à Narbonne, 660 unités dans une épicerie de Stains (Seine-Saint-Denis).

Vers une interdiction totale de la vente aux particuliers

Face à l'ampleur du phénomène, l'Assemblée nationale a adopté en première lecture, le 29 janvier 2025, une proposition de loi transpartisane portée par le député Idir Boumertit (LFI). Ce texte prévoit d'interdire la vente de protoxyde d'azote à tous les particuliers, quel que soit leur âge, dans tous les commerces et sur internet, à compter de 2026. Seuls les professionnels justifiant d'un usage médical ou alimentaire pourront s'en procurer.

La proposition de loi, votée par 90 voix contre 2, interdit également l'importation de protoxyde d'azote, la totalité des usines de fabrication étant situées à l'étranger, principalement en Chine. « Entre septembre 2024 et août 2025, 35 tonnes de ce gaz ont été importées en France pour plus de deux millions d'euros », selon les données communiquées lors des débats parlementaires.

En attendant l'examen du texte par le Sénat, les préfets de nombreux départements — Gironde, Haute-Garonne, Gard, Yonne, Rhône — ont pris des arrêtés locaux pour interdire la détention et la consommation sur la voie publique. Le drame d'Alès, en décembre 2025, où trois jeunes de 14, 15 et 19 ans sont décédés noyés après un accident lié à la consommation de protoxyde d'azote au volant, a accéléré la prise de conscience des autorités.

La saisie de Port-de-Bouc confirme que le trafic reste lucratif et organisé, transitant par des commerces de proximité qui servent de couverture. Le ministre de l'Intérieur a annoncé vouloir porter « bientôt » un projet de loi destiné à « mieux encadrer la vente et l'usage du protoxyde d'azote », avec la possibilité de le classer parmi les produits stupéfiants.

sfy39587stp16