Israël Katz menace de prendre le territoire libanais si Beyrouth ne stoppe pas le Hezbollah
Le ministre israélien de la Défense Israël Katz a lancé jeudi 12 mars un avertissement sans précédent au Liban : si le gouvernement libanais ne parvient pas à empêcher le Hezbollah de tirer des roquettes sur Israël, l'État hébreu prendra le contrôle du territoire libanais. Cette déclaration intervient alors que les tensions au Moyen-Orient atteignent un niveau critique depuis la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei.
À l'issue d'une réunion sécuritaire, Israël Katz a directement mis en garde le président libanais Joseph Aoun. « Si le gouvernement libanais ne sait pas contrôler son territoire et empêcher le Hezbollah de menacer les localités du nord et de tirer vers Israël, nous prendrons le territoire et nous le ferons nous-mêmes », a-t-il déclaré. Cette menace d'annexion territoriale marque un tournant dans le conflit qui oppose Israël au mouvement chiite depuis plus de quarante ans.
Le ministre de la Défense et le Premier ministre Benjamin Netanyahou ont ordonné à l'armée israélienne de se préparer à intensifier ses opérations au Liban. Ces instructions font suite à une salve de quelque 200 projectiles lancés par le Hezbollah contre le nord d'Israël, l'une des attaques les plus massives enregistrées récemment. Les responsables israéliens affirment que cette escalade vise à rétablir le calme et la sécurité dans les communautés frontalières du nord.
Un bilan humain dramatique au Liban
Les frappes israéliennes se sont multipliées sur le territoire libanais ces derniers jours, faisant au moins 11 morts dont huit sur le front de mer à Beyrouth. Selon les autorités sanitaires libanaises, le conflit a déjà causé la mort de plus de 687 personnes, dont 98 enfants et 52 femmes. L'ONU a lancé l'alerte sur une crise humanitaire qui s'aggrave, avec plus de 816 000 personnes déplacées selon les derniers chiffres officiels.
Dans la région de la Bekaa, dans l'est du Liban, les affrontements au sol entre les forces israéliennes et les combattants du Hezbollah se sont intensifiés. Au moins 41 personnes ont été tuées dans des raids aériens israéliens sur cette zone stratégique. L'armée israélienne a également élargi ses zones d'évacuation dans le sud du Liban, ordonnant aux civils de quitter de vastes territoires avant une possible offensive terrestre d'envergure.
Le Liban pris dans la tourmente régionale
Le Liban a été entraîné malgré lui dans cette nouvelle phase du conflit au Moyen-Orient. Le 2 mars 2026, le Hezbollah a lancé des frappes contre Israël en représailles à la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué lors de raids américano-israéliens. Cette escalade intervient dans un contexte régional explosif marqué par des frappes iraniennes sur les Émirats, et une « perturbation historique » de l'approvisionnement en pétrole selon plusieurs sources internationales.
Certaines voix au Liban appellent désormais à des poursuites judiciaires contre le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, accusé d'avoir entraîné le pays dans un conflit aux conséquences dévastatrices. Cependant, le mouvement chiite, soutenu par l'Iran, conserve une influence politique et militaire considérable au Liban, rendant toute action gouvernementale contre lui extrêmement difficile.
Les déclarations d'Israël Katz illustrent la détermination d'Israël à modifier la donne sécuritaire à sa frontière nord, quitte à franchir une ligne rouge en évoquant l'annexion de territoire libanais. Cette menace sans précédent pourrait encore davantage déstabiliser une région déjà au bord du précipice, où la guerre entre Israël et le Hezbollah dure maintenant depuis plus de trois ans, après avoir éclaté en 2023.