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Italie : un enfant de 2 ans privé de greffe après la destruction du cœur par de la glace carbonique

Un enfant de deux ans et trois mois est plongé dans un coma artificiel à l'hôpital Monaldi de Naples depuis cinquante jours. Le cœur qui devait lui sauver la vie a été irrémédiablement endommagé par de la glace carbonique utilisée à la place de la glace traditionnelle lors de son transport. Trois enquêtes ont été ouvertes et deux chirurgiens suspendus dans cette affaire qui suscite l'indignation en Italie.

L'affaire remonte au 23 décembre 2025. Ce jour-là, le petit garçon, atteint d'une grave cardiomyopathie depuis sa naissance, est convoqué en urgence à l'hôpital Monaldi de Naples. Un cœur compatible a été trouvé : celui d'un enfant de quatre ans, décédé le 15 décembre à la suite d'un accident survenu dans une piscine municipale de Curon Venosta, dans le Haut-Adige, au nord de l'Italie. La famille du donneur avait consenti à ce geste de générosité pour tenter de sauver une autre vie.

Mais lors du transport de l'organe depuis Bolzano jusqu'à Naples, une erreur aux conséquences dramatiques a été commise. Au lieu de la glace conventionnelle utilisée pour maintenir le greffon à la bonne température, de la glace carbonique — du dioxyde de carbone à l'état solide, dont la température avoisine les -78°C — a été employée. Le contact direct avec cette substance a littéralement « brûlé » le tissu cardiaque, le rendant inutilisable.

Un cœur compromis malgré tout implanté

L'hypothèse la plus troublante de cette affaire réside dans la décision qui aurait été prise par l'équipe chirurgicale. Selon les éléments révélés par la presse italienne et confirmés par l'avocat de la famille, le cœur endommagé aurait malgré tout été implanté dans la poitrine du petit patient. « Les parents ont été informés que la greffe avait été réalisée, mais qu'il y avait eu des problèmes avec le nouveau cœur », rapporte le conseil juridique de la famille. « Si cet organe était compromis, pourquoi cette décision a-t-elle été prise ? »

Ce n'est que des semaines plus tard, à travers les médias, que la mère de l'enfant, Patrizia, a découvert les détails de ce qui s'était réellement passé. « J'ai appris les détails par les journaux, pas par les médecins », a-t-elle confié. « Aujourd'hui, je me sens terrible. Les heures passent et les médecins disent que l'espoir diminue. Je le vois aussi sur le visage de mon fils. »

Depuis l'intervention ratée, l'enfant est maintenu en vie grâce à un dispositif d'ECMO, un système de circulation extracorporelle qui supplée les fonctions cardiaques et pulmonaires. Au bout de cinquante jours sous assistance, l'état de ses autres organes commence lui aussi à se détériorer, réduisant la fenêtre pour une nouvelle transplantation.

Trois enquêtes et des chirurgiens suspendus

Face à la gravité des faits, trois enquêtes distinctes ont été ouvertes. Le parquet de Naples a engagé des poursuites pour lésions corporelles graves par imprudence. Celui de Bolzano, où l'explantation a eu lieu, mène ses propres investigations. L'hôpital Monaldi a également lancé une vérification administrative interne. Les carabiniers ont été chargés d'examiner l'ensemble des dossiers cliniques pour déterminer si les protocoles d'extraction, de conservation et de transport de l'organe ont été respectés.

Deux chirurgiens de l'unité de transplantation pédiatrique de l'hôpital Monaldi ont été suspendus à titre conservatoire, aux côtés du directeur de la chirurgie cardiaque. Paradoxe cruel : ces praticiens sont les seuls habilités à réaliser des greffes cardiaques pédiatriques dans cet établissement. La direction a par ailleurs décidé de ne plus inscrire de nouveaux patients pédiatriques sur la liste de transplantation cardiaque tant que la situation ne sera pas éclaircie.

Le nom du petit garçon figure désormais en tête de la liste européenne d'urgence pour les dons d'organes. « Il nous faut un nouveau cœur en quelques heures, pas en quelques jours », a imploré sa mère. L'autorité sanitaire du Haut-Adige a, quant à elle, précisé que « la compétence et la responsabilité du prélèvement, de la bonne conservation pendant le transport et de l'opération de transplantation incombent à l'équipe du centre de transplantation receveur », renvoyant ainsi la responsabilité vers l'hôpital napolitain. Cette affaire met en lumière les failles potentielles dans la chaîne logistique de la transplantation d'organes en Italie et soulève des questions éthiques fondamentales sur la prise de décision en bloc opératoire.

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