Mort de Quentin à Lyon : Darmanin accuse LFI de complaisance envers la violence politique
Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a vivement mis en cause La France insoumise et l'ultragauche, dimanche 15 février, après la mort de Quentin, un étudiant de 23 ans lynché en marge d'une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan à Lyon. Le garde des Sceaux accuse les discours politiques de Jean-Luc Mélenchon de mener à « une violence débridée » et promet que « la justice fera toute la lumière sur ce drame ignoble ».
Invité du Grand Jury RTL/Public Sénat/Le Figaro/M6, Gérald Darmanin n'a pas mâché ses mots. « C'est l'ultragauche qui manifestement a tué », a-t-il affirmé, qualifiant ce constat d'« incontestable ». Le garde des Sceaux a directement pointé du doigt La France insoumise, dénonçant une « complaisance (...) pour la violence politique ».
« Au commencement était le verbe, mais les mots peuvent tuer. Des esprits simples, radicalisés, peuvent utiliser ces mots pour intervenir dans le champ physique et assassiner, violenter, menacer », a martelé le ministre. Il a appelé Jean-Luc Mélenchon à comprendre que « la violence dans les mots et sur les réseaux sociaux mène à la mort parfois ».
Un lynchage filmé en marge d'une conférence de Rima Hassan
Les faits remontent au jeudi 13 février au soir. Quentin, étudiant en mathématiques de 23 ans proche du collectif identitaire Némésis, se trouvait aux abords de l'Institut d'études politiques de Lyon, dans le 7e arrondissement, où se tenait une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan. Des militantes de Némésis avaient déployé une banderole hostile devant l'établissement.
Selon les témoignages recueillis et une vidéo diffusée par TF1, une dizaine d'individus masqués et encapuchonnés, identifiés comme des militants d'ultragauche, ont pris en chasse plusieurs personnes dans les rues adjacentes. Quentin a reçu une balayette, s'est effondré au sol et a été roué de coups de pied et de poing alors qu'il gisait à terre, rue Victor Lagrange. Grièvement blessé à la tête, il a perdu connaissance quai Fulchiron, près du Vieux Lyon, où il a été pris en charge vers 19h40. Il est décédé le lendemain, samedi 14 février, d'un traumatisme crânien.
Le parquet de Lyon a requalifié l'enquête en « coups mortels aggravés » et « violences aggravées par trois circonstances » : préméditation, action en groupe et arme par destination. Aucune interpellation n'a encore eu lieu, malgré l'existence de la vidéo.
La Jeune Garde et LFI au cœur de la polémique
Le collectif Némésis affirme avoir reconnu parmi les agresseurs un collaborateur parlementaire du député LFI Raphaël Arnault, décrit comme un « membre actif de la Jeune Garde ». Ce groupe antifasciste, dont Arnault est l'un des fondateurs, avait été dissous en 2025 par l'ancien ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau pour « agissements violents ». Lyon est considéré comme le bastion historique de ce mouvement.
Du côté de LFI, le coordinateur Manuel Bompard a assuré que le parti « condamne avec la plus grande fermeté toute violence physique » et « ne porte aucune responsabilité » dans ce drame. Rima Hassan a qualifié les faits d'« extrêmement graves et inacceptables », affirmant que le service d'ordre de LFI n'était « pas impliqué ». Jean-Luc Mélenchon a dénoncé des « accusations sans aucun fondement », s'alarmant de la dégradation de plusieurs permanences LFI à travers la France.
Le président Emmanuel Macron a appelé « au calme, à la retenue et au respect », affirmant qu'« en République, aucune cause, aucune idéologie ne justifieront jamais que l'on tue ». Marine Le Pen a demandé au gouvernement de « considérer ces milices comme des groupes terroristes », tandis que Jordan Bardella a estimé que « l'impunité de l'extrême gauche doit cesser ».
L'avocat de la famille de Quentin, Me Fabien Rajon, a exclu la thèse d'une « simple rixe entre deux groupes rivaux », privilégiant celle d'un « lynchage gratuit de la part de plusieurs individus, en surnombre et armés ». Il a décrit Quentin comme un étudiant « sans aucun antécédent judiciaire », « investi dans la vie pastorale » et ayant « toujours défendu ses convictions de manière non-violente ». La famille a appelé « au calme et à la retenue », tout en dénonçant un « crime ».
Cette affaire provoque une onde de choc politique majeure en France, à quelques semaines des élections municipales de Lyon, prévues les 15 et 22 mars 2026. Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a adressé un télégramme aux préfets pour renforcer la vigilance autour des rassemblements politiques et des permanences de campagne.