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Municipales à Marseille : Sébastien Delogu cité dans une enquête liée au narcotrafic

En pleine campagne pour les municipales de mars 2026 à Marseille, le député La France insoumise Sébastien Delogu se retrouve cité dans une enquête judiciaire ouverte par le parquet d'Aix-en-Provence en lien avec le narcotrafic. Selon les révélations du Canard enchaîné, son nom apparaît dans les échanges téléphoniques d'un suspect interpellé lors du démantèlement d'un point de deal. Le parlementaire, qui n'est ni mis en examen ni poursuivi, dénonce une manœuvre politique de ses adversaires à cinq semaines du scrutin.

C'est une bombe politique qui secoue la campagne marseillaise. Dans son édition du 4 février, Le Canard enchaîné révèle, sous le titre "Les narcotrafiquants enfument la campagne", que le nom de Sébastien Delogu figure dans une enquête ouverte en janvier 2026 par le parquet d'Aix-en-Provence. Les faits remontent à une opération de police visant un point de deal : lors de l'interpellation d'un suspect, les enquêteurs auraient découvert sur son téléphone des échanges SMS réguliers avec le député des Bouches-du-Rhône, mentionnant à plusieurs reprises des "colis", un terme fréquemment utilisé dans le milieu du trafic de stupéfiants.

Selon l'hebdomadaire satirique, qui s'appuie sur plusieurs sources judiciaires, les deux hommes "échangent très régulièrement, et évoquent à plusieurs reprises la livraison de colis". Si la nature exacte de ces échanges n'a pas été précisée par la justice, leur existence suffit à alimenter la polémique en pleine effervescence électorale.

Delogu se défend : "Je suis propre"

Interrogé le 5 février sur France 3 Provence-Alpes, Sébastien Delogu a vivement réagi. "Je suis propre, j'ai été perquisitionné. Si j'avais un lien avec quiconque, si j'avais soi-disant reçu des colis chez moi, si j'avais échangé avec des narcotrafiquants, vous ne pensez pas que je serais aux Baumettes actuellement ?", a-t-il lancé. Le député réfute également tout lien avec la DZ Mafia, un groupe criminel marseillais : "Franchement, faites-moi rire", a-t-il balayé.

Pour l'élu insoumis, cette affaire n'est rien d'autre qu'un coup politique orchestré par ses rivaux. "C'est le contre-feu qu'est en train d'utiliser le Parti socialiste parce qu'ils sont aujourd'hui ciblés par une enquête de Blast, qui met en lumière ce qui ne va pas à la Ville de Marseille", a-t-il accusé, faisant référence à des soupçons de favoritisme dans les marchés publics du "plan écoles" visant la majorité municipale sortante.

Son équipe de campagne a diffusé un communiqué offensif intitulé "Quand le Printemps marseillais se roule dans la boue avec l'extrême droite", qualifiant les accusations de "calomnie infamante". Il faut rappeler que Sébastien Delogu n'est, à ce stade, ni mis en examen ni poursuivi : son nom apparaît uniquement comme contact dans le téléphone d'un individu impliqué dans le narcotrafic qui gangrène Marseille.

Une campagne sous haute tension

Les adversaires politiques de Delogu n'ont pas tardé à exploiter ces révélations. Le candidat du Rassemblement national, Franck Allisio, a exigé que "chaque candidat à la mairie de Marseille, ainsi que son entourage, se soumette à un test de dépistage de drogue". "Trop de doutes existent sur les liens entre les narcotrafiquants et les politiques à Marseille", a-t-il ajouté, espérant que "la justice pourra apporter un éclairage sur ces faits avant le 15 mars", date du premier tour du scrutin.

Cette affaire vient s'ajouter à d'autres ennuis judiciaires pour le député insoumis. Sébastien Delogu est en effet convoqué le 9 juin prochain devant le tribunal correctionnel de Marseille pour mise en danger d'autrui et recel de documents privés. Cette procédure fait suite à la perquisition de son domicile et de sa permanence en mai 2025, dans le cadre d'une enquête pour diffusion de documents personnels d'un chef d'entreprise sur ses réseaux sociaux.

Dans un paysage électoral marseillais déjà fragmenté, ces révélations pourraient peser lourd. Selon un sondage OpinionWay réalisé mi-janvier pour le Cercle des Élus locaux, les listes RN-UDR et celle de Benoît Payan (PS, PCF, Écologistes, Printemps marseillais) arrivent en tête au coude-à-coude avec 31 % des intentions de vote chacune, suivies de Martine Vassal à 20 %. Sébastien Delogu, avec 14 % des intentions de vote, accuse un net retard. À cinq semaines du premier tour, le candidat insoumis devra convaincre que cette tempête judiciaire n'est qu'un écran de fumée politique, alors que la question du narcotrafic reste au cœur des préoccupations des Marseillais.

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