Accor enchaîne les records portés par le boom du tourisme mondial
Le géant français de l hôtellerie Accor poursuit sa trajectoire ascendante. Avec un chiffre d affaires de 5,6 milliards d euros en 2024, en hausse de 11 %, et une dynamique confirmée en 2025, le groupe dirigé par Sébastien Bazin s impose comme l un des grands bénéficiaires du boom mondial du tourisme. « Nos fondations sont solides », assure le PDG, confiant dans la capacité du groupe à maintenir le cap.
Les chiffres parlent d eux-mêmes. Sur l exercice 2024, Accor a enregistré un chiffre d affaires de 5 606 millions d euros, soit une progression de 11 % par rapport à 2023. L excédent brut d exploitation courant a atteint un nouveau record à 1 120 millions d euros, en hausse de 12 %. Le RevPAR, indicateur clé du secteur mesurant le revenu par chambre disponible, a grimpé de 5,7 % sur l ensemble de l année.
Ces performances s appuient sur une stratégie de diversification assumée. La division Luxe et Lifestyle, qui regroupe des enseignes comme Raffles, Fairmont ou Sofitel, a affiché une croissance spectaculaire de 19 % de son chiffre d affaires, portée notamment par l acquisition du groupe de restauration Rikas à Dubaï. Le segment Premium, Milieu de gamme et Économique a progressé de 5 %, confirmant la solidité de l ensemble du portefeuille.
Une expansion tous azimuts
Le développement du réseau ne faiblit pas. En 2024, Accor a ouvert 293 hôtels représentant plus de 50 000 chambres, soit une croissance nette de 3,5 % de son parc. L année suivante, le rythme s est encore accéléré avec 303 ouvertures et près de 51 000 nouvelles chambres. À fin 2025, le groupe disposait de 881 427 chambres réparties dans 5 836 établissements à travers 110 pays, avec un pipeline de 257 000 chambres supplémentaires en développement.
La répartition géographique constitue un atout majeur. Quelque 60 % des ouvertures se concentrent dans les régions Moyen-Orient, Asie et Pacifique, là où la demande touristique connaît la plus forte croissance. De Riyad à Bangkok, en passant par São Paulo, Accor plante ses drapeaux sur les marchés les plus dynamiques de la planète.
« Ambition, discipline et exigence sont les trois piliers qui ont guidé l action du groupe en 2024 », a déclaré Sébastien Bazin lors de la présentation des résultats. Le PDG, dont le mandat a été renouvelé pour trois ans par le conseil d administration, ne cache pas ses ambitions. Le groupe vise une croissance annuelle du RevPAR de 3 à 4 % et une progression de l EBE courant de 9 à 12 % sur la période 2023-2027.
Le tourisme mondial comme moteur structurel
Accor surfe sur une vague de fond. Le secteur de l hôtellerie bénéficie d une reprise structurelle du tourisme international. Plus de 285 millions de voyageurs ont été recensés au premier trimestre 2024 dans le monde. Selon les données compilées par le groupe, 53 % des Européens prévoient d allouer davantage de budget à leurs voyages en 2025. Le tourisme représente désormais un emploi sur dix et 10 % du PIB mondial.
Les résultats 2025 confirment cette dynamique. Le chiffre d affaires a atteint 5 639 millions d euros, en progression de 4,5 % à taux de change constants. L EBE courant a bondi de 13,3 % à 1 201 millions d euros, dépassant les objectifs fixés. Le quatrième trimestre a été particulièrement vigoureux avec un RevPAR en hausse de 7 %. Seul le résultat net, à 449 millions d euros contre 610 millions en 2024, marque un recul, l exercice précédent ayant bénéficié de cessions d actifs exceptionnelles.
Pour les actionnaires, la politique de retour reste généreuse. Le dividende a été relevé à 1,35 euro par action, en hausse de 7 %, tandis qu un programme de rachat d actions de 450 millions d euros est prévu pour 2026. Sur la période 2023-2027, Accor ambitionne de redistribuer environ 3 milliards d euros à ses actionnaires.
Dans un contexte géopolitique incertain, le groupe mise sur sa diversification géographique pour amortir les chocs régionaux. « Le groupe Accor affiche une nouvelle fois des performances en croissance solide et en ligne avec ses objectifs moyen terme », a résumé Sébastien Bazin. Un optimisme nourri par des fondamentaux qui, pour l heure, donnent raison au patron d Accor.