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Lyon : Grégory Doucet demande l'interdiction de la marche en hommage à Quentin Deranque

Le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, a officiellement saisi la préfecture du Rhône pour demander l'interdiction de la marche prévue samedi 21 février en hommage à Quentin Deranque, le jeune militant identitaire de 23 ans décédé le 14 février après avoir été agressé en marge d'une conférence à Sciences Po Lyon. « L'interdiction de cette manifestation constitue la seule décision responsable », affirme l'édile dans un communiqué publié ce mercredi.

Cinq jours après la mort du jeune homme, la tension ne retombe pas dans la capitale des Gaules. La marche, organisée par des proches de Quentin Deranque et des mouvements nationalistes, devrait partir de la place Jean-Jaurès à 15 heures pour se diriger vers le lieu de l'agression, dans le 7e arrondissement, à quelques centaines de mètres de Sciences Po Lyon. L'une des coorganisatrices, Aliette Espieux, a déclaré à l'AFP espérer la présence de « 2 000 à 3 000 personnes » pour « une marche d'hommage », assurant que l'objectif n'était pas « d'en découdre ».

Mais c'est précisément l'ampleur du rassemblement qui inquiète les autorités locales. Selon une source policière citée par France Info, environ 1 000 militants d'extrême droite venus de toute la France et de pays frontaliers, ainsi que 1 500 militants d'ultragauche susceptibles d'organiser des contre-manifestations, sont attendus à Lyon samedi. Un cocktail explosif dans un contexte déjà marqué par des menaces contre des élus et des dégradations de permanences parlementaires.

Un quartier « profondément marqué par le drame »

Dans sa demande adressée au préfet du Rhône, Grégory Doucet, rejoint par la maire du 7e arrondissement Fanny Dubot, invoque un « risque réel de débordements violents ». L'édile fait état de sa « vive inquiétude » face à la convergence annoncée de militants radicaux des deux bords. Il souligne que le quartier reste « profondément marqué par cette tragédie » et que les habitants comme les commerçants ont exprimé des « préoccupations locales légitimes ».

Le maire reconnaît toutefois qu'un tel rassemblement peut être « légitime pour les proches de Quentin ou ceux qui ont été affectés par son décès ». Mais il estime que l'appel à manifester, relayé massivement sur les réseaux sociaux de l'extrême droite française et européenne, a transformé cet hommage en un événement politique à haut risque sécuritaire.

Cette demande d'interdiction n'est pas sans provoquer des remous. Plusieurs voix à droite et à l'extrême droite dénoncent ce qu'elles considèrent comme une tentative d'étouffer un hommage légitime, tandis que le maire est critiqué pour les liens passés de sa majorité municipale avec des mouvements proches de l'ultragauche. Avant lui, Alexis Jacquemin, candidat à la mairie du 7e arrondissement, avait déjà appelé dès le 17 février à l'interdiction, qualifiant la marche de « démonstration politique organisée dans un climat de tension extrême ».

La famille appelle au calme, la préfecture tranchera

De leur côté, les parents de Quentin Deranque ont appelé au « calme et à la retenue ». La famille « dénonce toute forme d'appel à la violence » et « toute forme de violence politique ». Ils ont fait savoir qu'ils ne participeraient pas à la marche de samedi, souhaitant que ceux qui s'y rendent le fassent « dans le calme, dans la retenue et sans expression politique ».

L'enquête sur la mort de Quentin Deranque se poursuit parallèlement. Onze personnes ont été interpellées, dont sept soupçonnées d'avoir participé directement aux violences. Parmi les suspects figurent deux collaborateurs du député LFI Raphaël Arnault, dont l'un a reconnu sa présence sur les lieux et avoir commis des violences, tout en niant être l'auteur des coups fatals.

La décision finale revient à la préfecture du Rhône, qui évalue les risques posés par le rassemblement. Selon des sources proches du dossier, certains au sein de l'appareil d'État estiment qu'un hommage bien encadré pourrait être préférable à une interdiction susceptible de provoquer des rassemblements sauvages et des affrontements incontrôlés. Emmanuel Macron, de son côté, a martelé qu'« en République, il n'y a pas de place pour les mouvements qui adoptent et légitiment la violence », appelant tous les partis politiques à condamner fermement ces dérives.

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