Google Street View capture un homme en tenue de prisonnier... visage flouté
Une image capturée par les caméras de Google Street View fait le tour des réseaux sociaux depuis quelques jours. On y voit un homme courant à toute vitesse sur un trottoir, vêtu de ce qui ressemble à une tenue de détenu, comme s'il tentait de fuir. Le détail qui a amusé des millions d'internautes : son visage était automatiquement flouté par les algorithmes de confidentialité de Google, offrant au fugitif présumé une protection inattendue.
La scène, digne d'un film hollywoodien, a été immortalisée par l'une des innombrables voitures Google qui sillonnent les rues du monde entier pour alimenter le service de cartographie Street View. Sur le cliché, l'homme porte des vêtements rayés évoquant la tenue classique des prisonniers, et sa posture trahit une course effrénée sur le trottoir. Mais le plus cocasse reste le traitement automatique de l'image : fidèle à sa politique de protection de la vie privée, le système de Google a appliqué son filtre de floutage facial, rendant l'individu totalement méconnaissable.
L'image est rapidement devenue virale sur les réseaux sociaux, notamment sur X (anciennement Twitter), Threads et Reddit, où elle a généré des milliers de commentaires et de réactions. « Google protège même les évadés », ironise un internaute. « Le seul endroit où un fugitif est en sécurité, c'est sur Google Maps », renchérit un autre. Entre humour et fascination, les utilisateurs n'ont pas manqué de souligner l'ironie de la situation.
Le floutage automatique, une arme à double tranchant
Depuis le lancement de Street View en 2007, Google a mis en place un système de floutage automatique des visages et des plaques d'immatriculation pour se conformer aux législations sur la vie privée. Cette technologie, fondée sur l'intelligence artificielle, analyse chaque image et applique un filtre sur tout ce qui pourrait permettre d'identifier une personne. Le système ne fait aucune distinction : qu'il s'agisse d'un passant ordinaire, d'une statue ou, comme dans ce cas, d'un homme en tenue de prisonnier, le floutage est systématique.
Ce n'est pas la première fois que les caméras de Google capturent des scènes insolites. En 2022, une image prise à Adrian, dans le Michigan, montrait un homme en tenue carcérale marchant devant la prison du comté de Lenawee, sans surveillance apparente. L'image avait suscité un vif débat sur Reddit, avant que des utilisateurs ne concluent qu'il s'agissait probablement d'un détenu de confiance autorisé à effectuer des tâches à l'extérieur. Plus récemment, en décembre 2024, Google Street View avait involontairement capturé un suspect de meurtre en Espagne en train de charger un corps dans le coffre de sa voiture, une affaire qui rappelle à quel point nos traces numériques sont difficiles à effacer.
Quand la technologie devient un témoin involontaire
L'histoire la plus célèbre reste celle de Gioacchino Gammino, un mafieux sicilien condamné à la prison à vie, qui avait réussi à s'évader en 2002 de la prison romaine de Rebibbia. Après vingt ans de cavale sous une fausse identité en Espagne, il a été repéré grâce à une image Google Street View qui le montrait devant son commerce de fruits et légumes près de Madrid. Lors de son arrestation, le mafieux aurait demandé aux policiers : « Comment m'avez-vous retrouvé ? » La réponse fut lapidaire : « On vous a vu sur Google Maps. »
L'image virale du « prisonnier en fuite » soulève une question de fond sur notre rapport à la technologie et à la surveillance de masse. Si le floutage automatique protège effectivement la vie privée des individus, il illustre aussi l'omniprésence des caméras dans l'espace public. Chaque rue, chaque trottoir peut potentiellement être photographié et indexé par un géant technologique, comme le montre le débat croissant autour des smartphones et de la vie privée.
Reste la question que tout le monde se pose : s'agissait-il vraiment d'un détenu en cavale, d'un simple joggeur aux goûts vestimentaires douteux, ou d'une mise en scène destinée à devenir virale ? Google ne communique jamais sur le contenu spécifique de ses images Street View. Une chose est sûre : même dans les situations les plus improbables, l'algorithme de confidentialité fait son travail. Pour le meilleur ou, dans ce cas précis, pour le plus grand amusement de la toile.