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Adèle, l'IA vocale née à Bandol qui réinvente l'entretien d'embauche

Une start-up installée à Bandol, dans le Var, bouscule le monde des ressources humaines avec Adèle, une intelligence artificielle vocale capable de mener des entretiens de préqualification par téléphone. Déjà adoptée par 150 entreprises, grands groupes et collectivités, cette technologie promet de transformer le premier contact entre recruteurs et candidats.

Le constat est sans appel : « 80 % des CV reçus ne sont même pas ouverts ou traités par manque de temps », affirme Thibaud Michel, fondateur d'ALLinOne, la plateforme technologique à l'origine d'Adèle. Entrepreneur varois passionné par les nouvelles technologies, également à la tête de l'agence de marketing RH Twinin, il a conçu cet agent conversationnel pour répondre à un problème concret : le goulot d'étranglement qui paralyse les services de recrutement.

Le fonctionnement est simple. L'outil prend en charge la publication de l'offre, effectue un premier tri dans les CV reçus, puis contacte les candidats retenus directement sur leur téléphone portable. L'entretien, qui dure entre trois et sept minutes, n'est pas un simple questionnaire mécanique. Adèle s'adapte aux réponses du candidat, rebondit sur ses propos et ajuste ses questions en temps réel. Si un candidat avoue ne pas avoir d'expérience dans le domaine, l'IA orientera la conversation vers ses compétences transférables.

Un retour complet pour chaque candidat

À l'issue de l'échange, le candidat reçoit par e-mail un compte rendu détaillé : une note chiffrée, l'identification de ses points forts, ses axes d'amélioration, la transcription intégrale de l'entretien ainsi que des recommandations personnalisées. Le recruteur, de son côté, obtient une synthèse structurée qui lui permet de se concentrer sur les profils les plus pertinents. « Au lieu d'appeler 15 à 20 candidats pour un premier filtrage, je reçois l'analyse des CV avec les notes, le résumé des points forts et la retranscription complète », témoigne Laurent Deshayes, dirigeant de LDS Ventilation à La Seyne-sur-Mer. Son entreprise a d'ailleurs recruté un candidat au CV modeste qui avait su démontrer une forte motivation lors de l'entretien avec Adèle — un profil qui aurait probablement été écarté dans un processus classique.

L'adoption est rapide. Commercialisée depuis six mois, Adèle séduit déjà 150 entreprises clientes, des PME aux grands groupes, en passant par les collectivités locales et les ministères. La mairie de Megève l'expérimente actuellement pour recruter un assistant administratif : sur 113 CV reçus, l'IA fait passer des mini-entretiens à 27 candidats présélectionnés. Côté tarification, deux formules coexistent : un paiement au recrutement ou un abonnement mensuel illimité à 99 euros.

L'humain reste aux commandes

Face aux craintes que suscite l'irruption de l'intelligence artificielle dans le monde du travail, Thibaud Michel se veut rassurant. « Adèle n'a surtout pas la vocation à remplacer un recruteur. Elle automatise le tri et le premier niveau d'entretien, mais elle ne décide pas à sa place. Elle permet au recruteur de consacrer son temps au bon candidat », insiste-t-il. La décision finale d'embauche reste exclusivement humaine.

Fait notable dans l'univers des start-ups technologiques, ALLinOne est entièrement autofinancée et rentable. Pilotée depuis Bandol avec une équipe pluridisciplinaire, l'entreprise mène des projets à l'échelle nationale et a déjà traité plusieurs dizaines de milliers de candidatures. La plateforme propose également des outils de sourcing automatisé et des modules de génération de CV et lettres de motivation pour les candidats.

Alors que 62 % des recruteurs admettent avoir écarté un candidat après un simple coup d'œil sur ses réseaux sociaux, Adèle offre une alternative plus structurée : évaluer chacun sur ses compétences et sa motivation, sans biais lié à la photo de profil. L'intelligence artificielle au service d'un recrutement plus équitable : c'est le pari audacieux que fait cette entreprise varoise, et les chiffres semblent lui donner raison.

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