Affaire Epstein : Andrew Mountbatten-Windsor arrêté, une première royale depuis le XVIIe siècle
Andrew Mountbatten-Windsor, ancien prince britannique et frère du roi Charles III, a été arrêté mercredi 19 février à son domicile de Royal Lodge, à Windsor, par la Thames Valley Police. L'ex-envoyé commercial du Royaume-Uni est soupçonné de « faute dans l'exercice de fonctions officielles » en lien avec l'affaire Jeffrey Epstein. Il s'agit de la première arrestation d'un membre de la famille royale dans le cadre d'une enquête pénale depuis près de quatre siècles.
L'opération policière, menée le jour même du 66e anniversaire de l'intéressé, a été accompagnée de perquisitions dans deux propriétés situées dans l'est de l'Angleterre. Selon les éléments communiqués par la police, Andrew Mountbatten-Windsor a été placé en garde à vue avant d'être relâché en fin de journée, « libéré sous enquête ». Aucune charge formelle n'a été retenue à ce stade.
Les soupçons portent sur la période comprise entre 2001 et 2011, au cours de laquelle l'ancien prince exerçait les fonctions d'émissaire spécial du Royaume-Uni pour le commerce international. Les enquêteurs s'intéressent à trois séries de faits précis. Lors de voyages officiels en Asie en 2010 et 2011, il aurait transmis à Jeffrey Epstein des rapports confidentiels de l'administration britannique. Il est également soupçonné d'avoir tenté de promouvoir Epstein auprès du ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis en 2010. Enfin, il aurait communiqué à Jonathan Rowland, ancien PDG de la Banque Havilland au Luxembourg, des informations sensibles sur le secteur bancaire islandais.
Une monarchie ébranlée par le scandale
Cette arrestation, sans précédent dans l'histoire contemporaine de la Couronne, intervient dans un contexte déjà lourd pour la famille royale. En octobre 2025, le roi Charles III avait déchu son frère de l'ensemble de ses titres royaux, conséquence directe de la multiplication des révélations liées à l'affaire Epstein qui secoue le Royaume-Uni. La publication posthume des mémoires de Virginia Giuffre, décédée en avril 2025, avait ravivé les accusations d'agressions sexuelles à l'encontre de l'ancien prince, déjà visé par un règlement civil de plusieurs millions de dollars en 2022.
Les documents Epstein rendus publics le 30 janvier 2026 ont constitué l'élément déclencheur de l'enquête policière. Ces archives contiennent de nouvelles allégations, notamment l'envoi par Epstein d'une femme au Royaume-Uni en 2010 à destination de la résidence d'Andrew à Windsor. « La justice doit suivre son cours », a déclaré le roi Charles III quelques heures après l'arrestation de son frère, assurant vouloir « continuer à servir » le peuple britannique.
Réactions et suites judiciaires
La famille de Virginia Giuffre s'est dite « satisfaite » de cette arrestation, soulignant que « nul n'est au-dessus de la loi ». Outre-Atlantique, le président américain Donald Trump a qualifié l'événement de « très triste » et de « honteux pour la famille royale ». L'historienne de la monarchie Anna Whitelock a estimé que cette arrestation inédite « met à l'épreuve la transparence et les responsabilités » de l'institution royale.
Dans les rues de Londres, la nouvelle a été accueillie avec un mélange de stupeur et de soulagement. « Je pensais qu'ils étaient intouchables. C'est bien de savoir qu'ils ne sont pas au-dessus de la loi », a confié un passant interrogé par France 24. L'enquête, qualifiée d'« active » par la Thames Valley Police, pourrait désormais conduire à des mises en examen formelles. Cette affaire, qui met en lumière un système de compromission des élites à l'échelle internationale, marque un tournant historique pour la monarchie britannique.