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Des influenceurs poursuivent Israël en justice pour factures impayées

Plusieurs influenceurs et entreprises de communication embauchés par Israël après le 7 octobre 2023 pour défendre son image à l'international intentent des poursuites judiciaires contre Tel-Aviv. Le motif : des millions de shekels de factures impayées pour leur travail de propagande en ligne.

L'affaire a été révélée par le quotidien économique israélien Calcalist dans une enquête publiée le 5 mars 2026. Au lendemain de l'attaque du Hamas, la Direction nationale de la diplomatie publique israélienne, connue sous le nom de Hasbara, a recruté massivement des influenceurs et agences de relations publiques pour contrer la couverture médiatique internationale du conflit à Gaza.

Des contrats sans appels d'offres

Selon l'enquête, les responsables du bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu auraient contourné les procédures officielles d'appels d'offres. Ils ont préféré prolonger des contrats existants avec des sociétés de production privées, devenues de véritables « canaux de paiement » pour les commentateurs pro-israéliens.

La société Intellect Production and Publishing Group a ainsi intenté un procès réclamant environ 1,7 million de shekels, soit quelque 552 000 dollars. Cette entreprise avait notamment financé des déplacements à La Haye pour des activistes chargés de manifester contre les rassemblements pro-palestiniens lors des audiences de la Cour internationale de Justice.

Une autre société, Speedy Call, qui avait installé un studio d'interviews disponible 24 heures sur 24 au sein du quartier général militaire de Kirya, affirme qu'Israël refuse de lui verser plus de 600 000 shekels pour neuf mois de travail.

Jusqu'à 7 000 dollars par publication

Les documents déposés en vertu de la loi américaine FARA (Foreign Agents Registration Act) révèlent l'ampleur du système. Des agences de relations publiques liées à Israël versaient en moyenne 7 000 dollars par publication à des influenceurs américains sur TikTok et Instagram, dans le cadre du « Projet Esther ».

Parmi les personnalités concernées figure Eylon Levy, ancien porte-parole officiel du gouvernement israélien jusqu'en mars 2024. Selon Calcalist, son salaire mensuel de 41 125 shekels transitait par une société privée plutôt que directement par l'État. « J'ai abandonné tout espoir de récupérer cet argent », a-t-il déclaré, précisant toutefois ne pas participer aux poursuites judiciaires.

Un cas a déjà abouti devant les tribunaux. Nadav Yehud, un étudiant actif sur les réseaux sociaux employé par la Hasbara dès le 7 octobre 2023, n'a été payé que pour deux mois sur quatre de travail. Le juge Eran Gelbard a statué en sa faveur, révélant que l'État avait retardé le paiement en raison de « nombreuses et importantes irrégularités » faisant l'objet d'une enquête.

Le bureau du Premier ministre a reconnu l'existence d'« irrégularités dans les pratiques contractuelles de la direction de la diplomatie publique », sans pouvoir en dire davantage en raison des procédures judiciaires en cours. Cette affaire met en lumière les coulisses d'une guerre de l'information menée parallèlement aux opérations militaires à Gaza, où le bilan humain ne cesse de s'alourdir.

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