Lacrim condamné pour abandon de famille : le rappeur devra verser 44 500 euros
Le rappeur franco-algérien Lacrim a été reconnu coupable d'abandon de famille par le tribunal correctionnel de Senlis, dans l'Oise, ce mercredi 22 janvier 2026. Absent à l'audience, l'artiste de 40 ans écope de 90 jours-amendes et devra indemniser son ex-compagne à hauteur de 44 500 euros.
Karim Zenoud, plus connu sous son nom de scène Lacrim, n'a pas versé la pension alimentaire de ses deux enfants, âgés de 10 et 14 ans, entre juin 2023 et février 2025. Le tribunal de Senlis avait pourtant fixé dès 2022 une contribution mensuelle de 4 000 euros pour subvenir aux besoins des mineurs. Face à ces manquements répétés, la mère des enfants avait fini par déposer plainte.
Le tribunal a prononcé une peine de 90 jours-amendes à 50 euros chacun, soit un total de 4 500 euros. Le rappeur devra également verser 44 500 euros à son ancienne compagne au titre du préjudice matériel, auxquels s'ajoutent les frais d'avocat. Cette sanction reste toutefois inférieure aux réquisitions du parquet, qui avait réclamé en décembre 100 jours-amendes de 150 euros.
« Justice a été rendue »
À l'issue de l'audience, la mère des deux enfants n'a pas caché sa satisfaction. « Je suis très contente, j'ai gagné une première bataille. Le combat continue parce qu'il ne paie toujours pas », a-t-elle déclaré. Son avocate, Me Kaltoum Gachi, a salué la décision : « Justice a été rendue. Ce que l'on attendait, c'est le principe de la condamnation. »
La défense du rappeur a tenté de justifier ces impayés par une situation financière précaire. « C'est quelqu'un qui est criblé de dettes. Dès qu'il a un peu d'argent, ça va à l'État français », a plaidé Me Tom Michel, évoquant un redressement fiscal consécutif à un contrôle de 2019. Selon l'avocat, Lacrim cumulerait plus de 600 000 euros d'arriérés d'impôts.
Un casier judiciaire déjà chargé
Installé aujourd'hui à Dubaï avec sa nouvelle compagne et leur enfant, le rappeur ne s'est pas présenté à l'audience. S'il ne s'acquitte pas des jours-amendes prononcés, il s'expose à une peine d'emprisonnement correspondant au nombre de jours impayés. Avant cette condamnation, son casier judiciaire comptait déjà sept mentions pour des faits d'extorsion, séquestration, violation de domicile, abus de confiance, vol en réunion et transport d'arme.
Cette affaire met en lumière les difficultés que peuvent rencontrer certaines mères pour obtenir le versement des pensions alimentaires, même lorsque le parent débiteur dispose de revenus conséquents. Dans le monde du rap français, où les succès commerciaux sont souvent mis en avant, cette condamnation rappelle que la notoriété n'exonère pas des obligations familiales.