Budget 2026 : voici à quoi va ressembler le nouveau barème de l'impôt sur le revenu
Après des semaines de négociations tendues, le gouvernement a tranché : le barème de l'impôt sur le revenu sera bien indexé sur l'inflation en 2026. Cette revalorisation de 0,9%, obtenue grâce au soutien des socialistes, évitera à 200 000 foyers de basculer dans l'imposition. Retour sur les nouvelles tranches qui entreront en vigueur cette année.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a dû faire des concessions pour éviter la censure de son budget. L'indexation du barème fiscal sur l'inflation, initialement prévue comme un gel total, a finalement été maintenue. « C'est un petit souffle d'air pour les gens », a réagi Olivier Corian, salarié percevant 3 500 euros mensuels, soulagé de voir la pression fiscale allégée.
Concrètement, tous les seuils des tranches d'imposition sont rehaussés de 0,9%, un taux confirmé le 19 janvier 2026 par le ministère des Comptes publics. Pour une personne seule, le seuil d'entrée dans l'imposition passe ainsi de 11 497 euros à 11 600 euros, soit une augmentation de 103 euros.
Les cinq tranches du barème 2026
Le nouveau barème applicable aux revenus 2025 se décompose comme suit : la première tranche, non imposable, s'étend jusqu'à 11 600 euros. Entre 11 601 et 29 579 euros, le taux d'imposition s'élève à 11%. De 29 580 à 84 577 euros, les contribuables sont imposés à 30%. La tranche suivante, de 84 578 à 181 917 euros, est taxée à 41%. Enfin, au-delà de 181 917 euros, le taux marginal atteint 45%.
Cette revalorisation représente un manque à gagner estimé à 2 milliards d'euros pour l'État. Sans cette mesure, environ 200 000 nouveaux foyers auraient basculé dans l'imposition cette année. Le gouvernement devra compenser ce déficit par d'autres mesures, notamment une hausse des impôts sur les sociétés évaluée à environ 8 milliards d'euros.
Un compromis politique obtenu in extremis
L'ajustement de 0,9% reste toutefois inférieur au 1,1% initialement voté par les députés. Ce compromis budgétaire reflète les difficultés rencontrées dans l'adoption du budget 2026, marquée par l'absence de texte promulgué avant le 1er janvier.
Pour Éric Heyer, directeur d'analyse à l'OFCE, cette indexation préserve le pouvoir d'achat des ménages dans un contexte inflationniste persistant. Le gouvernement a finalement eu recours à l'article 49.3 pour faire adopter le budget, après avoir obtenu le soutien des socialistes sur cette question cruciale.
Les contribuables peuvent d'ores et déjà utiliser le simulateur officiel des impôts pour estimer leur imposition 2026. Cette mesure s'inscrit dans un ensemble de dispositions fiscales qui entreront progressivement en vigueur au cours de l'année, redéfinissant le paysage fiscal français pour les mois à venir.