Crédit immobilier : des signaux de baisse avant le printemps 2026
Après plusieurs mois de tensions liées aux incertitudes budgétaires et à la hausse des obligations d'État, le marché du crédit immobilier français envoie enfin des signaux positifs. Selon le courtier Meilleurtaux, certaines banques ont amorcé une baisse de leurs barèmes en février 2026, offrant un répit bienvenu aux candidats à l'accession. Un mouvement encore timide, mais qui pourrait s'amplifier à l'approche du printemps.
Le baromètre de février 2026 confirme une tendance attendue par les professionnels du secteur : après la crispation de fin d'année 2025, les taux se stabilisent. Le taux moyen sur 25 ans s'établit à 3,38 %, tandis que la durée phare de 20 ans affiche 3,27 %, en léger recul de 0,03 point par rapport à janvier. Sur 15 ans, le taux moyen atteint 3,18 %. Des chiffres qui, s'ils ne marquent pas une rupture, témoignent d'un changement de dynamique.
Pour les meilleurs dossiers, les conditions sont plus attractives encore. Selon Meilleurtaux, les profils dits « premium » — revenus stables, apport conséquent, faible endettement — peuvent décrocher des taux proches de 2,95 % sur 15 ans et de 3,00 % sur 20 ou 25 ans. « Au sein d'une même banque, les écarts de taux proposés peuvent aller jusqu'à 0,60 % pour un même dossier », rappelle le courtier, soulignant l'importance de la mise en concurrence.
Ce frémissement à la baisse trouve son origine dans l'évolution des marchés obligataires. L'OAT 10 ans, référence majeure pour le refinancement des banques, est redescendue autour de 3,4 % après avoir dépassé les 3,5 % en janvier. Cette détente allège la pression sur les établissements bancaires, qui disposent désormais de marges de manœuvre pour ajuster leurs grilles.
Une concurrence bancaire ravivée
Le début d'année est traditionnellement une période de conquête commerciale pour les banques, soucieuses d'atteindre leurs objectifs de production de crédits. En 2026, cette dynamique se confirme. Plusieurs établissements nationaux ont revu leurs barèmes à la baisse dès février, notamment sur les durées de 20 ans, la plus demandée par les emprunteurs. Concrètement, à mensualité égale, cette baisse se traduit par un gain de pouvoir d'achat d'environ 471 euros pour un emprunteur sur 20 ans.
Le courtier CAFPI confirme cette orientation. Ses données montrent des taux négociés en moyenne à 3,18 % sur 15 ans, 3,27 % sur 20 ans et 3,39 % sur 25 ans pour ses clients en février. Des niveaux qui restent certes supérieurs aux planchers historiques de 2021-2022, mais nettement en deçà du pic atteint fin 2023, lorsque les taux avaient frôlé les 4,5 %.
Par ailleurs, les banques maintiennent en 2026 des offres ciblées pour les primo-accédants : prêts complémentaires à taux zéro ou fortement bonifiés, conditions préférentielles sur les assurances emprunteur. Un arsenal destiné à soutenir un marché des transactions qui reste fragile, avec environ 945 000 ventes dans l'ancien estimées sur un an glissant.
Quelles perspectives pour le printemps ?
Les analystes dessinent trois scénarios pour les mois à venir. Le plus probable, estimé à 45 % de chances, table sur une stabilisation des taux moyens entre 3,1 % et 3,3 % sur 20 ans. L'arrivée du printemps, période traditionnellement favorable au marché immobilier, devrait entretenir la concurrence entre établissements. Un deuxième scénario envisage une remontée modérée de 0,10 à 0,20 point, portant les taux vers 3,6 % à 3,8 %, en cas de tensions persistantes sur les obligations souveraines.
Le troisième scénario, jugé peu probable (20 %), suppose un choc géopolitique ou un emballement des matières premières qui pousserait la BCE à durcir sa politique monétaire. Les taux grimperaient alors vers 4,3 % à 4,7 %. « La phase de forte hausse des taux est derrière nous, sauf choc économique majeur », tempère le courtier Pretto, confirmant que la normalisation progressive reste le scénario central.
La décision de la Banque centrale européenne du 5 février dernier, qui a maintenu ses taux directeurs au niveau fixé en juin 2025, conforte cette lecture. Pour 2026, les économistes anticipent un taux directeur compris entre 1,5 % et 2,3 %, un corridor qui ne devrait pas bouleverser les conditions de financement. Dans ce contexte, les experts considèrent que les conditions sont redevenues favorables aux projets immobiliers, d'autant que les prix ont reculé dans de nombreuses villes et que les salaires ont progressé.
Les emprunteurs ont donc tout intérêt à comparer les offres et à négocier. La fenêtre de tir qui s'ouvre avant le printemps pourrait se révéler la meilleure opportunité du premier semestre 2026.