Prêt à taux zéro : les ventes de maisons individuelles bondissent de 33 % en 2025
Le prêt à taux zéro, réouvert aux maisons individuelles depuis avril 2025, a provoqué un rebond spectaculaire des ventes dans le secteur de la construction neuve. Avec 67 800 maisons vendues l'an dernier, soit une hausse de 33,5 % par rapport à 2024, le dispositif a démontré son efficacité pour relancer un marché en crise depuis plus de deux ans. Les constructeurs espèrent désormais franchir la barre des 75 000 transactions en 2026.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Selon le Pôle Habitat de la Fédération française du bâtiment (FFB), 67 800 maisons individuelles neuves ont trouvé preneur en 2025, contre environ 50 800 l'année précédente. « Nous avons clairement bénéficié d'un effet PTZ suite à son élargissement l'an dernier », s'est réjoui Grégory Monod, président du Pôle Habitat de la FFB, lors d'une conférence de presse tenue le 26 février.
Cette embellie concerne l'ensemble des régions françaises. La distribution de PTZ dans le logement neuf a bondi de 76,6 % en 2025, avec 41 128 prêts accordés, soit près de 18 000 prêts supplémentaires par rapport à l'exercice précédent. Un résultat qui dépasse les objectifs initiaux du gouvernement, qui tablait sur 15 000 logements supplémentaires aidés par le dispositif.
Un retour salué par toute la profession
Rappelons que les maisons individuelles avaient été exclues du PTZ en 2024, au nom de la sobriété foncière. Cette décision avait aggravé une crise déjà sévère dans le secteur de la construction. Le gouvernement Bayrou avait finalement rétabli l'éligibilité des maisons individuelles au dispositif à compter du 1er avril 2025, et ce sur l'ensemble du territoire national, quelle que soit la zone géographique.
Les constructeurs avaient unanimement salué cette décision. Damien Hereng, président de la Fédération française des constructeurs de maisons individuelles, avait qualifié la mesure de « réforme dont le secteur du logement neuf avait besoin pour se relancer ». Loïc Vandromme, directeur général du groupe Hexaôm, avait toutefois regretté que cette prise de conscience arrive « tardivement », estimant que l'inaction politique sur le logement avait provoqué « la pire crise immobilière depuis la Seconde Guerre mondiale ».
Pour les maisons neuves, le PTZ couvre entre 10 et 30 % du montant de l'opération selon les revenus du ménage, avec un plafond d'environ 100 000 euros. Des quotités inférieures à celles des appartements neufs, qui bénéficient d'une couverture allant de 20 à 50 %, mais suffisantes pour redonner confiance aux ménages français confrontés à l'érosion de leur pouvoir d'achat.
Des conditions encore améliorées en 2026
Depuis le 1er janvier 2026, les conditions du PTZ ont été à nouveau renforcées. Les plafonds de revenus ont été revalorisés de 8 à 13 % selon la zone géographique et la composition du foyer. Les montants finançables s'échelonnent désormais entre 99 000 et 195 000 euros, contre 79 000 à 156 000 euros auparavant. Le dispositif est prolongé jusqu'au 31 décembre 2027.
Ces améliorations nourrissent l'optimisme prudent de la profession. Christophe Boucaux, délégué général du Pôle Habitat FFB, table sur une hausse supplémentaire de 10 % des ventes en 2026, avec l'espoir de se rapprocher de 75 000 transactions. Un objectif qui témoigne d'une reprise réelle, mais encore fragile : les 67 800 ventes de 2025 restent inférieures de 42 % à la moyenne annuelle de long terme, établie à 117 125 ventes sur la période 2006-2025.
Le coût net de cette aide pour l'État est estimé à 1,35 milliard d'euros pour la seule année 2025. Un investissement que les professionnels du secteur jugent indispensable pour maintenir la dynamique de construction et répondre à la situation économique préoccupante du pays. La question de la pérennité du dispositif au-delà de 2027 reste cependant ouverte, et les constructeurs appellent déjà les pouvoirs publics à s'engager sur le long terme.